Empreinte lumineuse

Considérée comme la première image fixée, le Point de vue pris d’une fenêtre du Gras (1826) de Nicéphore Niepce est obtenue en négatif sur un papier enduit de chlorure d’argent. Fort intrigant, le cliché incite plusieurs scientifiques – Louis-Jacques-Mandé Daguerre, William Henry Fox Talbot… – à s’engager dans la voie de l’expérimentation.

Concevez une œuvre bi ou tridimensionnelle où vous mettrez en évidence l’empreinte lumineuse des choses ou des êtres.

En quoi la lumière peut-elle faire image ? En quoi la lumière peut-elle faire sens dans une œuvre ?

Références possibles :

  • L’allégorie de la caverne de PLATON (Livre VII de La République).
  • Ivan le Terrible, Sergueï EISENSTEIN, 1944.
  • Masque de mort, 1978, d’Arnulf RAINER.
  • Théâtre d’ombres, 1984, et Autel Chases, 1987, de Christian BOLTANSKI.

Envisagez :
– les différents dispositifs utilisés pour cerner, dessiner, fixer (manuellement) l’ombre du sujet projetée sur l’écran / support ( cf : le physionotrace de Gilles-Louis Chrétien XVIIIème siècle),
– les dispositifs optiques pour capter des images : le miroir, la camera obscura, la camera lucida,
– le support photosensible.


Les Ombres de Christian Boltanski, 1984, figurines en carton, papier, laiton, fil de fer, projecteurs et ventilateur.

Graffeur New Yorkais né en 1973, Ellis Gallagher utilise les objets urbains et plus précisément leurs ombres portées pour réaliser ses œuvres. Un vélo, une boîte à lettres, une benne à ordures…


Le Modulateur-Espace-Lumière de Moholy-Nagy (ci-dessous) symbolise l’aboutissement de ses diverses expérimentations artistiques des années 1920. Cette œuvre, formée de pièces de métal, de plastique et de bois, est constituée d’une variété de surfaces mates et lustrées. Un plan circulaire est divisé en trois sections égales, détenant chacune différents mécanismes, servant à élever des disques, faire tourner une spirale en verre et déplacer des drapeaux de métal. L’ensemble effectue une rotation toutes les quarante secondes et un ensemble de 116 lampes colorées de couleurs primaires et de rouge, bleu, vert et blanc est projeté sur la surface. Cette sculpture donne forme et mouvement à la lumière projetée sur les différentes surfaces.


Silhouette : contour(s) vague de qqn, de qqch sur un fond.

  • Dessiner les contours de l’ombre d’un modèle, cf : le physionotrace de Gilles-Louis Chrétien (XVIIIe siècle). La technique ne permet pas de remplir l’intérieur : la ligne extérieure créée par contiguïté physique correspond au contour réel, alors que les lignes intérieures, quand elles sont dessinées, ne sont qu’interprétation de la réalité.

Repères possibles

1. Une histoire d’ombres

  • Les différents dispositifs utilisés pour cerner, dessiner, fixer (manuellement) l’ombre du sujet projetée sur l’écran / support.
  • Les dispositifs optiques pour capter des images : le miroir, la camera obscura, la camera lucida.
  • Le support photosensible.

2. Le photogramme : la photographie sans appareil

  • L’exposition par contact.
  • La révélation et la fixation de l’empreinte lumineuse. Cf. W.H. Fox Talbot, Man Ray, Moholy-Nagy…

3. La chambre noire

  • Le sténopé,
  • L’expérimentation de la prise de vue

 Principe de la camera obscura (chambre noire)


  • Questionnements :
    La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.
    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
  • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
    Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
    Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
  • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
    Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine