Eduardo Arroyo

(1937, Madrid)
Peintre espagnol. En exil à Paris dès 1958, il devient l’un des promoteurs de la Nouvelle Figuration. Son opposition à l’art informel et à l’influence de Marcel Duchamp va de pair avec ses prises de positions politiques. Il provoque des remous dans les milieux artistiques (1965 : huit toiles, réalisées avec Aillaud et Recalcati, sur la Fin tragique de Marcel Duchamp ; 1967-1968, série des Miró refait, où Miró est implicitement accusé d’une « audace [qui] donne le frisson sans pour autant menacer l’ordre établi »). Il attend de la peinture une efficacité politique – dont il donne l’exemple dans ses toiles clairement anti-franquistes. Après les années soixante, particulièrement militantes, le travail d’Arroyo, volontiers élaboré par séries, acquiert une densité nouvelle, moins due à ses « messages » qu’aux solutions plastiques qu’il expérimente : formes simplifiées, mosaïques et collages de papiers divers, recours à des matériaux extrapicturaux (céramique, caoutchouc). L’image devient plus énigmatique, son réalisme apparent accueille détails saugrenus et mises en pages oniriques : la peinture d’histoire oscille décidément entre tragédie et comédie.

Cavalier espagnol, Eduardo Arroyo, huile sur toile, 162x130,5 cm, 1970
El caballero español (Cavalier espagnol), Eduardo Arroyo, huile sur toile, 162×130,5 cm, 1970