Giacomo Balla

(1871, Turin – 1958, Rome)
Peintre italien. Autodidacte, il fréquente des cours de dessin à Turin, et un atelier de photographe. Après un long séjour à Paris en 1900, il découvre les arts appliqués et l’œuvre de Pellizza da Volpedo. Pratiquant très tôt le divisionnisme, il accueille dans son atelier de jeunes artistes hostiles à l’académisme, dont Severini, Boccioni, et Sironi. Sa peinture est alors marquée par son adhésion aux principes humanitaires du socialisme (La Giornata dell’operaio, 1904). En 1910, Balla signe le Manifeste des Peintres futuristes, mais, tout en développant une thématique moderne, il pratique toujours la touche divisionniste (Lampada ad arco). Intéressé par la chronophotographie (Marey), il effectue des recherches sur la décomposition du mouvement (Bambina che corre sul balcone, 1912) : partant de l’observation des automobiles à pleine vitesse, il exécute une série de toiles où la synthèse graphique de l’événement cinétique atteint l’abstraction de formes géométriques. Celles-ci cristallisent les effets de lumière et de mouvement. En 1914, il lance le manifeste Le Vêtement masculin futuriste et réalise ses premières compositions typographiques. Avec Depero, il préconise ensuite la création de sculptures abstraites cinétiques. En 1917, il réalise une scénographie de volumes abstraits et de lumières colorées pour le Feu d’artifice de Stravinsky que Diaghilev monte à Rome. De plus en plus préoccupé par l’introduction, dans la vie quotidienne, d’objets conformes à la révolution futuriste, il se rapproche, au début des années vingt, de l’abstraction géométrique, dans le climat de l' »art mécanique », et participe à toutes les expositions organisées par Marinetti. Mais en 1937, il refuse de suivre les options idéologiques de ce dernier, et se sépare définitivement du futurisme. Il revient alors à une peinture figurative qui prend le contrepied de la rhétorique des peintres asservis au fascisme.

Dynamisme d'un chien en laisse, Giacomo Balla, huile sur toile, 90x110 cm, 1912
Dynamisme d’un chien en laisse, Giacomo Balla, huile sur toile, 90×110 cm, 1912