Tony Cragg

(1949, Liverpool)
Sculpteur britannique, l’un des principaux représentants, dans son pays, de la nouvelle sculpture. Son art tout entier est placé sous le signe de l’objet, avec la réactualisation, en arrière-plan, d’un rapport à la nature. Les œuvres des années soixante-dix, qui participent de l’esthétique minimaliste et du Process Art (ligne de cartons d’emballage, 1972 ; colonnes de pavés, 1973), culminent dans des empilements réguliers de débris divers (1975). Récupérateur et collecteur invétéré, doté d’un sens très sûr du matériau, Cragg choisit et ordonne l’élément naturel aussi bien qu’une multitude de ces déchets que la société consomme et rejette (bouteilles, emballages) – auxquels il redonne une présence. Les juxtapositions de débris, en plastique très vivement coloré, aboutissent à la figuration unitaire, au sol ou au mur, d’une silhouette ou d’une narration (1979). Les grandes compositions ultérieures conjuguent objets réels et volumes construits, également peints (Paysages de 1983), ou incluent, à l’occasion, une composante mythique (George and the Dragon, 1984). Les pièces récentes isolent un objet hors d’échelle, transposé dans un matériau esthétiquement séduisant (verre sablé, plâtre, fonte rouillée, bronze). Le travail de Cragg en vient ainsi à aborder les domaines du vivant et de l’onirique et englobe une dimension poétique et spéculative qui tend à redonner une valeur métaphysique aux choses fabriquées.

Yellow Axe, Tony Cragg, installation, 1981
Yellow Axe, installation, 1981

Opening Spiral, Tony Cragg, installation,1982
Opening Spiral, installation,1982