Dan Flavin

(1933, New York – 1996, Riverhead, New York)
Artiste américain, l’un des principaux représentants du minimalisme. Abandonnant rapidement la peinture, il commence dès 1963 à travailler exclusivement avec des tubes fluorescents et, en 1966, il prend part avec Morris, Judd et Andre à quelques expositions importantes qui lancent l’art minimal. Flavin installe ses tubes fluorescents de différentes tailles, blancs ou de couleur, aux murs, dans les coins, parfois au sol, dans des compositions simples de lignes verticales, horizontales ou diagonales. Ils constituent généralement la seule source lumineuse de l’endroit. Flavin se défend cependant de travailler sur l’environnement du spectateur, préférant établir des situations dotées d’une charge, où la lumière fluorescente – qui atténue les ombres et les volumes – est utilisée pour ses qualités de vibration, d’énergie et de coloration. Flavin évoque volontiers ses œuvres – dont certaines sont symptomatiquement intitulées Monument for Vladimir Tatlin – comme des icônes, terme dont il accepte la connotation religieuse : c’est la lumière qui crée ce qu’elle rend visible, et s’affirme elle-même comme « une image gazeuse légère et insistante qui, par sa brillance, échappe en quelque sorte à sa présence physique pour approcher l’invisible ».

Untitled Monument for Vladimir Tatlin, Dan Flavin, 1975
Untitled – Monument for Vladimir Tatlin, 1975

Une œuvre de Dan Flavin est définie dans un premier temps, par la disposition de tubes de lumière fluorescente puis c’est l’extension lumineuse qui a déterminé sa structure, son épaisseur, son volume ; en ce sens la dimension de l’œuvre est réglée par l’architecture (murs, plafond, sol) qui la délimite. Comme le dit Donald Judd, Flavin crée des états visuels particuliers, des perceptions singulières qui rassemblent, dans la fragilité de la lumière, couleur, structure et espace.
En envahissant l’espace, la lumière de Flavin le transforme et le dématérialise souvent. Le bain lumineux a en effet pour propriété d’abolir les frontières entre l’environnant et l’environné qui ne font plus qu’un et l’œuvre devient ainsi une situation, un lieu d’expériences perceptives liées aux déplacements du spectateur. Avec ses œuvres, Flavin accomplit parfaitement la mission de l’Art minimal telle que Judd la définit dans Specific objects : faire en sorte que l’objet se confonde avec les trois dimensions de l’espace réel. Grâce au recours à la lumière, Dan Flavin irradie l’espace, comme contaminé par la beauté et la spiritualité de l’œuvre. Le contexte devient son contenu.
Le tube de lumière utilisé par Flavin a une fonction qui s’oppose complètement à l’objet tangible des œuvres d’art traditionnelles puisque c’est de lui que se déploie l’énergie lumineuse qui va dissoudre ses propres limites. Les œuvres d’art minimal n’inspirent pas un contact physique, il n’est pas possible de caresser leur structure ou leur surface comme on peut le faire avec une sculpture de Brancusi pour en ressentir le poli ou la qualité du matériau ; avec Dan Flavin, l’œuvre est réellement impalpable, on ne pourrait même pas poser son regard sur elle ; c’est pour l’artiste une façon de supprimer un mode de relation émotionnel souvent rattaché aux objets dont on apprécie par exemple la patine du temps en les touchant. Cependant, si la linéarité des tubes et les effets d’inclusion du spectateur dans l’espace de l’œuvre sont propres à l’art minimal, on peut toutefois se poser la question de savoir si l’atmosphère subtilement colorée des œuvres de Flavin « assez proche de la peinture de Rothko » n’est pas le signe d’un mysticisme latent qui, de ce point de vue, mettrait cet artiste en marge de la production purement minimale.
(source Wikipédia)

Untitled To Donna, Dan Flavin, 1971
Untitled – To Donna, 1971