Mario Merz

(1925, Milan – 2003, Turin)
Artiste italien. Emprisonné par les fascistes à la fin de la guerre, il entreprend ensuite des études de médecine puis décide de se consacrer à la peinture. Au début des années cinquante, il lie amitié avec M. Moreni et Spazzapan qui l’orientent vers une recherche expressionniste abstraite. Il entre ensuite en rapport avec Jorn et Gallizio et sa peinture se tourne vers l’informel. En 1967, il participe, à Turin et Milan, à la création de l’arte povera dont le manifeste, rédigé par G. Celant, s’intitule significativement Arte Povera, Appunti per una guerriglia (notes pour une guérilla). Merz, qui depuis plusieurs années réalise des œuvres associant parapluies, néons, bouteilles, produit en 1968 l’Igloo de Giap, montré à l’exposition collective Percorso à Rome puis à la galerie Sonnabend à Paris. Demi-sphère formée de sacs de terre glaise empilés, l’igloo porte en lettres de néon disposées en spirale la phrase fameuse : « se il nemico si concentra perde terreno, se si disperde perde forza ». Ce thème de l’igloo, Merz va longuement le reprendre, l’enrichir, variant les matériaux (métal, verre, pains d’étoffe…), l’associant à des végétaux, encastrant des igloos les uns dans les autres. En 1969, il réalise à l’Attico, grande galerie-garage de Rome, Che Fare ? (Que faire ?) où sa Simca 1 000 traversée d’un tube de néon, des branchages où sont posés des paquets de vitres empilées et mastiquées, un igloo translucide, composent une installation qui a grand retentissement. À partir de 1970, Merz développe le thème de la table, comme extension du travail de l’homme, en lui imprimant souvent l’une de ses formes favorites, la spirale (en 1971, dans la spirale du Guggenheim Museum, il laisse sa série de chiffres en néon sur la suite de Fibonacci – autre thème fétiche – monter simplement le long de la rampe). Il réintroduit au cours des années quatre-vingt la peinture, qui lui permet de développer un thème nouveau, celui de l’animal, lion, chouette ou crocodile (Hommage à Arcimboldo, MNAM, Paris, 1987). En 1990, au musée d’Art contemporain de Prato, il réalise pour la première fois son projet d’incorporer tous les espaces d’un musée dans une de ses œuvres – « J’ai la force physique, dit-il, d’être un bon peintre. »

Mario Merz