Claes Oldenburg

(1929, Stockholm)
Claes Oldenburg, sculpteur américain d’origine suédoise.
Tout son travail concerne les « choses » de notre environnement. Après ses études à Chicago, il arrive à New York en 1956, et y organise, jusqu’en 1962, des happenings et des performances avec Jim Dine et Allan Kaprow. Il s’intéresse alors aux objets trouvés et aux assemblages, et commence une première série d’objets « malheureux » en carton, plâtre peint et papier mâché. Rassemblés autour de thèmes (The Street), ils constituent en 1960 un environnement présenté à la Reuben Gallery. Pour cette « métaphore de l’indigence. », Oldenburg se réclame de Céline et Dubuffet. En 1962, à l’occasion de l’exposition « The Store », dans son atelier qui prend des airs de magasin, apparaissent des objets géants et des sculptures molles. La même année, il est convié à l’exposition des « New Realists » chez Sidney Janis. Oldenburg est associé au Pop Art – mais son travail de sculpteur relève en fait moins de ce dernier que de la pratique théâtrale et de la peinture de Pollock, Johns ou Dubuffet, comme l’indique le bariolage qu’il inflige à ses objets de plâtre. Pour Oldenburg, qui déclare avoir « toujours senti le besoin d’une communication entre l’art et la vie », le happening n’est « pas plus un défi à la peinture que son prolongement. » Ses objets, pleins d’humour, « véritables œuvres d’art faites à la main », transposent les objets quotidiens dans des matériaux inhabituels en inversant volontiers leurs qualités : ice-cream fondu en plâtre, casquette en mousseline plâtrée, cendrier mou, machine à écrire avachie. L’affaissement des matériaux cousus est affirmé « conforme au désir ». À partir de 1965, Oldenburg dessine de nombreux projets pour les Colossal Monuments et les Giant Objects, qui sapent avec humour l’idée même de monument : un Teddy Bear géant ou un gigantesque bâton de rouge à lèvres sont par définition antihéroïques. En individualisant ses objets par leurs aspects paradoxaux, Oldenburg suggère des analogies multiples, souvent à fort symbolisme sexuel. Son œuvre modifie nos relations aux objets quotidiens, mais aussi les fondements de la sculpture, en opérant des transformations qui préfigurent les travaux de Robert Morris, Nauman ou Serra. The Bedroom Ensemble, chambre complète en matériaux synthétiques, décorée d’une parodie de tableau « moderne » à la Pollock, avec son mobilier déformé par la perspective, anticipe sur le Furniture art d’un Artschwager ou d’un Burton.

Pastry Case, Claes Oldenburg, 1961-1962
Pastry Case, Claes Oldenburg, 1961-1962

Floor Cake, Claes Oldenburg, 1962
Floor Cake, Claes Oldenburg, 1962

Clothespin, Claes Oldenburg, 1976
Clothespin, Claes Oldenburg, 1976