Nicolas De Staël

(1914, Saint-Pétersbourg – 1955, Antibes)
Peintre français d’origine russe. Ayant quitté la Russie en 1919, il fait ses études d’art à Bruxelles jusqu’en 1936 et se fixe à Paris en 1938. Engagé dans la Légion étrangère en 1940, il remet en cause ses premières démarches et détruit l’essentiel de sa production figurative durant l’occupation. Les Compositions de 1944-1945 instaurent une grille souple délimitant des surfaces-mosaïques sur fonds sombres. Cette structure linéaire se brise bientôt en un enchevêtrement tendu de barres dont les empâtements épais et sombres, ponctués de stridences rouges, accentuent la violence (la Vie dure, 1946). En 1949, De Staël évolue vers un style plus monumental : de larges « plans-reliefs » maçonnés, au couteau et à la spatule, sont traités en tonalités lumineuses où priment blanc et gris légèrement colorés (Composition, 1950, Tate Gallery, Londres). En 1952, les Toits de Paris reviennent à une figuration allusive, dont la frontalité nie toute perspective. Les formes-couleurs de la série des Footballeurs, la suite des Bouteilles dans l’atelier et des natures mortes réaffirment l’attachement au sujet, tandis que, s’appuyant sur les gouaches découpées de Matisse, la couleur s’intensifie (les Musiciens, 1953, MNAM Paris). Plusieurs voyages, en Sicile et dans le Midi, sont à l’origine de paysages élémentaires, épurés en larges aplats. Les dernières œuvres de 1954-1955 sont en quête d’une matière plus fluide et transparente, et d’une lumière diluant les contours. Après son suicide en mars 1955, l’œuvre brève, mais considérable de Nicolas De Staël, reçoit une rapide consécration mondiale, saluée comme un dépassement de l’antinomie abstraction-figuration.

Parc des Princes, Nicolas Staël, 1952
Parc des Princes, 1952