Wolf Vostell

(1932, Leverkusen – 1998, Espagne)
Sculpteur, auteur de happenings, peintre et dessinateur allemand. Le début de sa vocation doit beaucoup à sa rencontre, à 22 ans, avec Alfred Kubin. Photolithographe de formation, il cherche à se perfectionner et apprend à peindre à l’École des arts appliqués de Wuppertal (1954-1955). À l’occasion de ses très nombreux voyages, il tombe en arrêt sur le concept de Dé-collage qu’il découvre fortuitement à Paris en 1954. Ce dé-collage revêtira une importance capitale non seulement dans son œuvre, mais aussi dans sa vie. Pour payer ses études aux Beaux-Arts de la capitale, il travaille avec Adrian Frutiger chez Deberny et Peignot. C’est là qu’il tire son premier livre-dé-collage, avec Cassandre, Le Théâtre est dans la rue (1956). Après un retour décevant à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, c’est effectivement dans la rue que l’artiste demande au public d’intervenir dans ses premiers happenings, en 1958. L’année suivante, il généralise le principe du dé-collage en l’appliquant aux postes de radio et aux appareils de télévision. Dès lors, son œuvre se caractérise par un foisonnement extrême et un brassage unique de disciplines : arts graphiques, mais aussi happenings – il fut en 1962 l’un des premiers membres de Fluxus à Wiesbaden avec Maciunas et Paik – et vidéo (Sun in Your Head, 1963, TV Butterfly, 1980). Il crée aussi une revue, Décollage (1962), conçoit des projets d’architecture, notamment pour son musée personnel d’artiste, à Malpartida, en Espagne méridionale. Outre ses activités pédagogiques (Train Fluxus, au Centre culturel du Marais, 1982), il réalise des environnements très remarqués (Environnement TEK, à l’ARC, en 1979, ou encore la fameuse Dépression endogène – où quelques dindons gaillards déambulent entre des téléviseurs en marche – qui connaît dix versions entre 1975 et 1984). Il est également l’auteur de bétonnages mémorables de postes de télévision et d’automobiles. L’esthétique de Vostell est fondée sur la destruction, la rupture, la tension, répondant par l’art aux tensions et aux conflits qui secouent le monde. Depuis 1980, Vostell, qui partage son temps entre Paris, Berlin et l’Andalousie, semble privilégier le dessin (souvent accompagné d’objets collés ou de blocs de béton) en partant des acquis du cubisme.

Dé-coll/age manifesto 1961, performance de Wolf Vostell
Dé-coll/age manifesto 1961, happening