A Film Still

Réalisez une mise en scène, de l’extrait du film que vous aurez choisi, dans un espace défini (la boîte) en jouant sur : la narration, le point de vue du spectateur, l’étagement des plans, l’intérieur/ l’extérieur.
Remarques :
Dessinez les éléments ou servez-vous de photos de magazines, introduisez des objets…
Pensez à toutes les faces de la boîte, en particulier à ménager au moins une ouverture pour permettre à la lumière d’éclairer la scène.
Soyez attentif à varier l’échelle des plans, du premier plan à l’image de fond, décor de la mise en scène et à la combinaison des perspectives (naturelle / illusionniste).

Notions abordées : cadrage, champ et hors champ, profondeur de champ, point de vue, échelle, mise en scène, scénographie, narration.

« Film Still » (: film immobile) caractérise une photographie prise hors ou sur le plateau de tournage d’un film ou d’une émission de télévision au cours de sa production. Ces photographies sont habituellement prises par des photographes de studio pour des fins promotionnelles. Ces prises de vue peuvent consister en des images posées ou candides prises sur le plateau lors de la production du film ; elles peuvent inclure des stars et les membres de l’équipe de tournage. Le but principal est de promouvoir les studios et leurs nouveaux films et les acteurs.


Untitled Film Still #14, Cindy Sherman, photographie, 1978, Collection The Museum of Modern Art, New York.

Untitled film stills est la première série réalisée par Cindy Sherman entre 1977 et 1980 qui l’imposera sur la scène artistique internationale. Dans cette série de photographies en noir et blanc inspirée de l’esthétique des « stills » des films de série B, l’artiste se met en scène tout en plagiant les photographies d’actrices de cinéma des années 1950 et 1960.
Le sujet est une femme, seule, dans des situations diverses dans lesquelles Cindy Sherman y incarne des personnages féminins stéréotypés, ce qui lui permet de jouer, de détourner les clichés.
Dans un décor réel, elle interprète et représente 69 personnages de la starlette à la femme fatale. Le spectateur a le sentiment d’être face à des personnages féminins de vieux films en noir et blanc, il est libre de construire ses propres histoires car le véritable visage de l’artiste reste une énigme. Son identité est absente. Elle ne se dévoile pas et elle démonte par ce travail la notion même d’identité : la photo devient l’outil de cette déconstruction.


Fury, Mac Adams, diptyque photographique, 1976

L’œuvre de Mac Adams le rattache au courant conceptuel développé dans les années 70 et plus particulièrement au Narrative Art. Mais contrairement à nombre d’artistes de ce mouvement associant souvent image et texte, Mac Adams utilise la photographie seule pour raconter des histoires inspirées des séries noires. Le spectateur en fait la lecture grâce aux multiples indices mis en scène par l’artiste dans ses clichés ; dans la série Mysteries , développée dès 1974 autour de scènes de crimes, l’histoire n’est jamais complète ; seules les images de deux ou trois instants du récit concourent à évoquer une intrigue que le spectateur reconstitue mentalement. Ce dernier se trouve, de fait, libre de son interprétation, faisant intervenir ses projections personnelles les plus inconscientes.

Autres références possibles :
Duane Michals, Things are Queer, 1973rn
David Levinthal, Untitled, from the series Hitler Moves East, 1972 – 1975
Jeff Wall, La Chambre détruite, 1978rn
Thomas Demand, Kontrollraum / Control Room, 2011

Cf. PHOTO (DVD)
Réalisateur : Stan Neumann, Luciano Rogolinirn
Producteurs : ARTE FRANCE, CAMERA LUCIDA PRODUCTIONS
LA PHOTOGRAPHIE MISE EN SCÈNE – Réapparue avec éclat dans la photographie nord-américaine des années 60, la « photographie mise en scène » a connu à partir du milieu des années 70 un regain au sein des avant-gardes artistiques.