Au loin s’en vont les couleurs

Proposez une réalisation bi ou tridimensionnelle qui changera ou perturbera notre perception de l’espace. Autrement dit, comment l’utilisation de la couleur change les repères visuels et spatiaux ?

  • Caspar David FRIEDRICH, La Mer de glace ou le Naufrage (Das Eismeer), 1823-1824, huile sur toile, 96,7×126,9 cm, Kunsthalle, Hambourg
  • Yves KLEIN, IKB3, Monochrome bleu, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199×153 cm, Centre Pompidou, Paris
    Cartel développé du Musée national d’art moderne, rédigé dans le cadre du nouvel accrochage des collections modernes :
    Depuis les premiers tableaux monochromes d’un bleu outremer breveté IKB (International Klein Blue), datant de la seconde moitié des années 1950, l’œuvre d’Yves Klein obéit à une même conception. Pour lui, le rôle de l’artiste est de saisir la beauté partout où elle se loge, pour la révéler aux autres hommes. Comme ici avec ce tableau de grand format IKB 3, le bleu est pour l’artiste chargé de sensibilité et propice au passage du matériel à l’immatériel :
    « Toutes les couleurs amènent des associations d’idées concrètes, matérielles et tangibles, tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu’il y a de plus abstrait dans la nature tangible et visible. »
  • Victor VASARELY, Isso-22, 1969, acrylique sur toile, 231,5×200 cm.
  • Ellsworth KELLY, Two Panels: Blue-Yellow, 1970, acrylique sur toile, 79×427,2 cm.
  • Josef ALBERS, Homage to the Square (Hommage au carré), série d’œuvres réalisées à partir de 1949 jusqu’en 1976. Quel que soit le support, chaque œuvre obéit à une formule invariable : un format carré (de 40,6 cm à 122 cm de côté) comportant trois ou quatre carrés imbriqués, de couleur unie. Le plus grand carré occupe toute la surface ; les carrés suivants (s’ils sont présents) n’en recouvrent que 80%, 60% et 40%. Ils sont centrés horizontalement, mais décalés verticalement vers le bas de l’œuvre. Leur disposition est reprise à l’identique pour toute la série.
  • Gerhard RICHTER, Vitrail de la cathédrale de Cologne, 2007.
  • Anis KAPOOR, Leviathan, sculpture monumentale/ installation, 35 m de haut, 100 m de long, 72000 m3, environ 12 tonnes, Grand Palais, Monumenta 2011, Paris

Sujets et vocabulaire abordés :

  • La perspective atmosphérique est une technique principalement picturale qui consiste à marquer la profondeur de plans successifs en leur donnant progressivement (du proche au lointain) la couleur de l’atmosphère, du ciel.
    Elle est différente du sfumato qui adoucit les contours des lointains (ou même des corps des personnages des premiers plans).
  • Abstractionrngéométrique : tendance de l’art abstrait qui expérimente la force de la ligne, des figures géométriques et de la couleur. Le concept d’art abstrait commença à être théorisé par ses pionniers au début du XXe siècle : Frantisek Kuapka, Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch et Piet Mondrian.
  • Abstraction lyrique : la liberté plastique de l’expression gestuelle et émotionnelle se manifeste par des procédés alliant projection linéaire, taches ou brossages plus ou moins amples de la couleur sur la toile.
  • Aplat : surface ou plage dont l’unique teinte est appliquée de façon uniforme, surface unie, dépourvue de trame ou de trait.
  • Monochrome : qui est d’une seule couleur.
  • Nuance : la nuance d’une couleur résulte du mélange de cette couleur avec une faible quantité de ses voisines du cercle chromatique.
  • Teinte : synonyme de couleur, la teinte est la qualité qui distingue une couleur d’une autre. C’est ce qui permet de différencier le bleu du jaune, par exemple.
  • Valeur : degré de clair ou d’obscur, de lumière ou d’ombre (variant entre le blanc et le noir), abstraction faite des couleurs.