Ombre(s)

Collecter des images plates d’un objet du quotidien, banal, par projection de l’ombre portée sur un support papier. Jouer avec l’écart entre l’objet référent et son image : expérimenter, en faisant varier les paramètres (source lumineuse, positionnement de l’objet, positionnement du support, en recherchant la singularité, l’expressivité, le pouvoir de suggestion des formes révélées).

À partir des images obtenues et choisies : formes simples noires sur un support plan blanc :
– imaginer (croquis annotés) une construction en volume à partir de cette projection et qui jouerait de nouveau sur les distorsions possibles, au moins aussi importantes que celles installées entre le référent initial et la première image.
– imaginer une élévation, un développement dans l’espace : une structure
– imaginer des matériaux, des couleurs

Réaliser cette construction.

PS : Il est possible d’assembler des objets de récupération transformés ou non.
Notions abordées en classe : image, reflet, écho, double, projection, illusion, continuité/ rupture, distorsion, écart.


« Comme pure représentation de l’esprit humain, l’art s’exprimera dans une forme esthétique purifiée, c’est-à-dire abstraite. » Piet Mondrian

Évoluant d’abord de l’impressionnisme au fauvisme (Moulin, 1908), l’œuvre de Piet Mondrian n’atteint que très lentement l’abstraction qui le rendra célèbre. En 1909, Arbre rouge initie le début d’une épuration progressive de la forme, à partir du motif de l’arbre, peu à peu schématisé, puis réduit à sa structure géométrique, comme l’est ensuite la Nature morte au pot de gingembre (1912). De même les bateaux d’un paysage marin se réduisent à une juxtaposition de croix noires (Composition n°10, 1915). S’inspirant du cubisme, Mondrian parvient à une simplification des moyens plastiques : il veut réduire la nature en signes, afin, selon lui, d’exprimer l’essentiel. Selon l’artiste, l’abstraction est une nécessité morale, avant d’être un principe esthétique. La théorie mystique du néoplasticisme, imaginée en 1917, est adoptée rapidement par les artistes de la revue De Stijl fondée par Theo Van Doesburg. En 1919, Mondrian s’installe à Paris. Il commence alors à peindre des toiles basées sur une structure de grille, autour de laquelle sont organisées des couleurs pures. Après sa découverte du jazz, il y associe le rythme, qu’il accentue encore lorsqu’il s’installe à New York en 1940 (New York City, 1942), où il meurt quatre ans plus tard, laissant inachevé le swinguant Victory Boogie Woogie, fort éloigné de l’ascèse des premières toiles néoplasticistes.