Collège Henri Corbet


La Vallée d’Aulps

La Vallée d’Aulps se niche au coeur du Haut-Chablais, entre le Pays du Mont-Blanc et le bassin lémanique. Elle égrène tout au long de la route des Grandes-Alpes ses villages montagnards dominés par de grands noms : Morzine, Avoriaz et les Gets.

Sa situation entre lacs et montagnes offre une richesse de paysages et de choix permettant à chacun de se composer chaque jour un programme varié.

Le printemps en Vallée d’Aulps, alors que les grisailles hivernales se dissipent à peine dans les villes, éclate, là-haut, en teintes pastel et en parfums sauvages. La neige a libéré les champs, laissant clore une flore généreuse. Mésanges et bergeronnettes emplissent le silence de leurs chants, auxquels répondent plus haut les sifflements des marmottes.

Il y a mille et une façons de découvrir la Vallée d’Aulps au printemps : à pied, pour prendre son temps, et converser, au hasard des rencontres ; en VTT, pour filer à flanc de montagne ; à cheval, pour s’enivrer de l’odeur des sous-bois ; et pourquoi pas en raft, pour goûter aux embruns de la Dranse ou en parapente pour s’offrir une vue panoramique de la vallée.

Mais il est tout aussi bon de goûter au calme et au repos, attablé devant un solide Berthoud, la spécialité locale.

À l’ascension du Roc d’Enfer ou du Pic de la Corne, certains préféreront la visite des hameaux écartés du temps ou la découverte des Gorges du Pont-du-Diable.

L’été est là, et, avec lui, les citadins mus par un besoin d’évasion, de retour à la nature. Les balcons de bois sont parés de géraniums éclatants. Les prairies sont semées de mille fleurs. Les lacs jettent des oeillades à peine déguisées aux randonneurs en quête de fraîcheur.

Les sports sont à l’honneur.

Ici et là se croisent des vacanciers aux allures étonnantes. Quand les uns, solidement chaussés, pliés sous de lourds sacs à dos, marchent vers le haut, les autres, tout juste vêtus de shorts et d’espadrilles, s’élancent gaiement vers la baignade.

Partout la vie locale s’anime.

Fêtes champêtres, Feux du lac, foire aux moutons, festival de musique mécanique, marché aux potiers, cross de montagne…

Les feux de l’été s’éteignent. La montagne, couverte de l’or des forêts, est au sommet de sa gloire. C’est peut-être en automne que la Vallée d’Aulps est la plus belle. De l’aube au couchant, des chemins de lumière conduisent à la découverte d’une nature colorée avec l’audace et la sensibilité d’un peintre. Palette de couleurs, tapis ras des alpages, sombre étoffe des mélèzes, trouée verte d’un sous-bois tapissé de mousse… C’est un cheminement poétique qui s’offre au promeneur.

L’eau d’un lac s’étend, flambante des couleurs qui s’y reflètent. Des abondances, têtes blanches aux yeux doux cernés de marron, grasses d’un été passé sur les pelouses alpines. Leur fameux lait d’alpage est transformé en tomme, sérac et autres fromages de montagne savoureux ; ils rejoignent miels, jambons et saucissons de production locale et côtoient l’artisanat du bois sur les étals des marchés de village.

La neige a jeté son voile de blancheur. Le décor paisible de l’hiver est tout en ombres et lumières subtiles. La neige… Incitation à la rêverie, lors d’une promenade sauvage en raquettes, incitation à la folie, lancé derrière un attelage de huskies, incitations au bonheur, tout simplement. Ses plaisirs sont multiples, et tellement personnels.

En Vallée d’Aulps, ils se déclinent à l’infini : grand ski sur le domaine des Portes du Soleil, descente tranquille des pistes douces en lisière de forêt, envolées silencieuses dans la profonde des grandes combes, découverte de l’espace nordique en bordure du lac…

Chacun éprouvera une émotion singulière, à se remémorer le soir, devant une flambée. Moments rares et sans artifices, où se forgent les souvenirs les plus doux.

L’environnement

Saint Jean d’Aulps est une petite commune du Haut-Chablais enfoncée dans la vallée de la Dranse. Situé à cinq kilomètres de Morzine, c’est un petit bourg rural de 914 habitants qui vit, à l’ombre de cette station, du tourisme saisonnier – avec la construction d’un village de vacances – mais surtout d’activités artisanales traditionnelles, de l’existence d’une maison de repos de la MGEN et de l’implantation de services administratifs tels que la gendarmerie, la trésorerie et, bien sûr, le collège.
La population est très homogène : elle est constituée essentiellement de gens de la vallée qui sont agriculteurs, artisans ou commerçants, mais aussi de fonctionnaires qui, séduits par le site et la qualité de la vie, s’installent malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer pour se faire adopter dans une vallée empreinte d’un fort particularisme et qui a vécu repliée sur elle-même.
Aucune difficulté d’intégration de la minorité d’origine étrangère n’a été signalée dans cette commune calme, jusque-là préservée de la montée de la délinquance.

L’historique du collège

C’est en octobre 1951 qu’ouvre, à Saint Jean d’Aulps, dans les locaux de l’école élémentaire, un cours complémentaire dont la municipalité de Morzine n’a pas voulu. 18 élèves viennent du canton du Biot en utilisant le car du service régulier.
Le collège naîtra quelques années plus tard de la volonté de son directeur, soutenu par le maire de Saint Jean d’Aulps, mais aussi par le directeur du sanatorium de la MGEN, alors président de l’association des parents d’élèves.
La commune décide donc en 1958 de construire sur les bords de la Dranse, à équidistance de tous les villages intéressés, un groupe scolaire comprenant une école élémentaire et un collège d’enseignement général.

En avril 1960, un arrêté préfectoral crée un syndicat intercommunal de transport pour les élèves et, six mois plus tard, en octobre 1960, la rentrée scolaire s’effectue dans les locaux nouvellement inaugurés pour les 80 élèves des trois classes élémentaires et les 130 élèves du collège d’enseignement général répartis en cinq divisions. Est créé parallèlement le service de l’intendance, chargé notamment d’assurer la demi-pension et géré par l’association des parents d’élèves et son président.
En janvier 1969, cette gestion est prise en charge par le syndicat intercommunal de transport des élèves du CEG, syndicat qui, en octobre 1971, étend ses attributions à la prise en charge des dépenses de fonctionnement et d’investissement du CEG.
Depuis 1960, l’effectif du collège n’ayant cessé d’augmenter, passant de 130 à 300 élèves en 1981, la commune cède le bâtiment au syndicat intercommunal et décide de construire une école élémentaire, tandis que le syndicat procède à un premier agrandissement des locaux, avec la construction d’un préau et de trois salles de classe, dont une spécialisée pour l’enseignement de la biologie.
En 1982, le collège récupère trois salles et un préau jusque-là utilisés par l’école élémentaire, puis le syndicat intercommunal et la commune de Saint Jean d’Aulps construisent entre 1984 et 1985, un gymnase en copropriété.
Après le transfert, en 1985, des compétences en matière scolaire et la mise des biens meubles et immeubles scolaires à disposition du département de Haute-Savoie, ce sera, en 1989 et 1990, l’adjonction, financée par le département et le syndicat intercommunal, de quatre classes supplémentaires, dont une spécialisée pour les sciences expérimentales, et d’un bâtiment dédié aux technologies nouvelles.
En 1994, le conseil général entreprend la construction d’un parking pour les cars scolaires et débute la première tranche de réhabilitation du collège. Cette réhabilitation s’achève en 1996 offrant aux collégiens et aux personnels qui les encadrent, un bel outil de travail fonctionnel et performant.

Henri Corbet (1898-1944)

Il naît le 25 octobre 1898 à Allonzier la Caille et meurt le 2 juillet à Dachau.
Il entre à l’Ecole Normale d’Instituteurs en 1915 (promotion 1915-1918).
Maître d’école, il occupe trois postes :

Saint Jean d’Aulps de 1920 à 1924,
Draillant de 1924 à 1934,
Margencel de 1934 à 1944.

Il développe de nombreuses activités scolaires et périscolaires : création d’une chorale, aménagement d’un terrain à Draillant, plantation d’arbres fruitiers aux bénéfices de la coopérative scolaire, atelier de poteries…

Dès le début de l’année 1942, alors qu’il exerce les fonctions d’instituteur à Margencel, il organise le passage en Suisse de personnalités de la Résistance.

Il fait partie des Mouvements Unis de Résistances à dater de septembre 1943, devient Chef de Centaine, prend part à des parachutages, assure des liaisons… Son activité le signale à la milice.
Il est arrêté le 10 février 1944, torturé, condamné le 2 avril et déporté le 2 juillet 1944.
Il est mort étouffé dans le train qui l’emmène vers Dachau.

Un décret du 24 avril 1946 lui attribue à titre posthume la médaille de la Résistance.
Le Journal Officiel du 8 juin 1949 porte sa citation à l’Ordre de la Nation.
Le 30 août 1949, par décret, il est nommé dans l’Ordre de la Légion d’Honneur au titre de Chevalier.

Ainsi en donnant le nom d’Henri Corbet au collège de la vallée, la Municipalité de Saint Jean d’Aulps rend hommage à un instituteur d’une rare valeur morale et intellectuelle, qui a consacré quatre ans de son activité aux écoliers de Saint Jean d’Aulps.