In·visible

Comment rendre visible ce ne l’est pas ?
Comment mobiliser les sens du spectateur pour percevoir l’invisible ?
Comment l’image peut-elle mettre en évidence ce qui échappe au regard ?
Si l’image est généralement associée au statut de preuve, pourquoi ne peut-elle pas tout représenter ?

#invisible #visible

Pour saisir ces enjeux subtils, pour aborder à votre tour ces notions, la proposition de rendre visible ce qui ne l’est pas vous invite à vous questionner sur votre rapport au regard et au réel. Elle ouvre au dialogue entre l’invisible et le visible, source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques.

Remarque

L’œuvre d’art est ce qui dévoile, ce qui convertit et transforme notre regard sur le monde en nous donnant à voir autrement que dans notre rapport au quotidien, comme une sorte de révélation sur ce que nos yeux ne voient pas, ne veulent pas voir ou ne voient plus.

Marcel DUCHAMP, 50 cc de Paris, 1919/1964, Centre Pompidou, Paris

Références possibles

  • Marcel DUCHAMP, Air de Paris (50cc de Paris),  1919 / 1964, ampoule de verre de 50cm³, bois, 14,5 x 8,5 x 8,5 cm. L’artiste a emprisonné l’air de Paris dans une ampoule de verre.
  • MORRIS Robert, Steam (Vapeur d’eau), 1967, galets et vapeur d’eau, installation de 1995 au CAPC, Bordeaux.
  • Giuseppe PÉNONE L’arbre dans sa 22e année, 1970. L’artiste a enlevé aux arbres leurs cernes de croissance, anneau par anneau, jusqu’à atteindre leur cœur.
  • Christian BOLTANSKI, Réserve, Canada, Toronto, Ydessa Hendeles Art Foundation, 1988.
  • Rachel WHITEREAD, House, 1993. Cette œuvre est une réplique grandeur nature de l’intérieur (moulage) d’une maison victorienne, inaugurée dans le quartier East London. Avec cette sculpture, elle a obtenu le prix Turner délivré par le Tate Museum.
  • Ellis GALLAGHER, Tracing Shadows, New York, 2005, street-art.
  • Philippe RAMETTE, L’Ombre (de moi-même), 2007, installation.
  • Corinne VIONNET, Photo Opportunities #New York, 2005-2013.
  • Kader ATTIA, Ghost, 2007, 102 sculptures, feuilles d’aluminium compressées, chaque élément : 100 x 50 x 70 cm. Ghost est une installation qui évoque une assemblée de femmes en position de prière. Composées à partir de corps moulés avec du papier d’aluminium alimentaire, les sculptures ont un caractère froid et industriel. Laissées vides à l’intérieur, elles posent la question de la négation de l’individu. Entre dévotion et exclusion, contemplation et vulnérabilité, cette multitude d’entités fantomatiques représente pour l’artiste une synthèse de sa réflexion sur l’articulation entre l’art politique et la réalité quotidienne.
  • La démarche photographique du Photo Album – 2012 de Chino OTSUKA – http://chino.co.uk
  • La série photographique The Time Elapsed Between Two Frames de Orly ZAILER – 2012 – http://orly-zailer.com
  • Nigel STANFORD est un compositeur néo-zélandais, surtout connu pour sa bande originale du film TimeScapes (2012) réalisé par Tom Lowe, ainsi que ses clips Cymatics (2014) (https://www.youtube.com/embed/Q3oItpVa9fs) et Automatica (2017).

Questionnement(s) :

  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
  • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

  • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine