La chute

Chuter : basculer, tomber, verser ;
[Familier] aller choir, dinguer, prendre un billet de parterre, prendre une bûche, prendre une gamelle, ramasser un gadin, ramasser une bûche, ramasser une pelle, s’allonger, s’étaler, se casser la figure, se casser la gueule, se fiche par terre, se rétamer, valdinguer.

Évoquer la chute, son mouvement dans une production que vous expliquerez en quelques mots.


La chute d’Icare, BRUEGHEL l’Ancien, huile sur bois, montée sur bois, 74 × 112 cm, 1558.

De nombreux historiens d’art se sont penchés sur le sens de ce tableau. Icare est une figure exemplaire du péché d’orgueil, de l’envie. C’est pourquoi une opposition peut être vue entre la figure du laboureur au premier plan du tableau, allégorie de l’espoir ou de l’espérance et celle d’Icare, allégorie de la chute, écho de la chute originelle qui compose l’arrière-plan des souffrances de l’homme déchu, condamné à se racheter par son travail. Mais Icare c’est aussi l’appel de la liberté et le rêve d’évasion. Prisonnier du roi Minos, il s’enfuit avec son père Dédale, dont l’ingéniosité leur fournit le moyen de cette fuite : les ailes.
Son seul défaut est de succomber à la griserie de la réussite.


La chute d’Icare d’après Rubens, Jacob Peter Gowi, peinture sur toile, 195×180 cm, 1636

Référence artistiques possibles :
Chute d’Icare, Pieter Brueghel l’Ancien, huile sur toile, 73,5×112 cm, 1558, Musées Royaux des Beaux-arts, Bruxelles.
Bichonnade, 40, rue Cortambert, Paris, Jacques Henri Lartigue, photographie, 1905.
Derrière la gare Saint-Lazare, Paris, Henri Cartier Bresson, photographie, 1932.
Pleasures and Terrors of Levitation #37, Aaron Siskind, photographie, 1956.
Saut dans le vide, Yves Klein, photographie, 16 octobre 1960.
Broken Fall, Bas Jan Ader, performance, 1971.
Falling, Martin Kersels, triptyque photographique, 1994 : la cascade d’accidents corporels se poursuit avec les Falling Photos de Martin Kersels qui avant de faire des sculptures a étudié les lois de la gravité avec son propre corps. Prenant la forme d’un triptyque, les photographies sont comme autant d’arrêts sur image d’une chute. Encore suspendu dans les airs, le corps massif de l’artiste se découpe sur fond d’étendue neigeuse.


Denis Darzacq, Photographe
La série La Chute met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Breakdance, de Capoeira et de danse contemporaine. Très pures, évitant aussi bien la pose habituelle du genre que la description, ces photographies qui mettent en valeur la performance physique dans sa perfection, mais aussi dans ses déséquilibres, mêlent une incroyable énergie au sentiment de la possible perdition. De fait, ces corps en apesanteur, qui ne sont jamais accompagnés d’ombre portée, deviennent des révélateurs de l’espace urbain.
(source http://www.laboratoiredugeste.com)