Le temps qui passe

Concevez (: définissez une démarche adaptée au projet, déterminez les tâches à accomplir, organisez son temps, prenez des notes, esquissez des croquis…) et créez une production plastique qui rende perceptible son temps de réalisation.
Afin de mieux prendre en compte la compréhension de l’espace de l’œuvre et d’en comprendre la portée artistique, vous devez affiner la perception des dimensions de l’espace et du temps comme éléments constitutifs de l’œuvre : œuvre in situ, installation, environnement et les différentes temporalités de celles-ci : durée, pérennité, instantanéité.


Détail, 1965/1-∞, Roman Opalka, acrylique sur toile, 195 x 135 cm.

À partir de 1965, Roman Opalka peint, toujours sur le format 195×135 cm, en blanc sur fond noir, les nombres qui se succèdent sans relâche et sans fin.
Arrivé au nombre 1 000 000, il décide de faire évoluer son travail. Dès lors, à chaque nouvelle toile entamée, il ajoute 1 % de blanc dans la peinture servant au fond de sa toile, initialement noir à 100 %. Petit à petit, les fonds blanchissent, marquant d’une nouvelle manière le temps qui passe. Toutefois, afin de ne pouvoir être accusé de fraude, Roman Opałka veille à utiliser deux blancs différents, un pour ses nombres (blanc de titane) et un pour le blanchissement progressif de son fond (blanc de zinc). Aussi, même sur ses toiles les plus récentes (donc les plus blanches), on peut encore distinguer le tracé des nombres en regardant la toile sous un certain angle.
En outre, Roman Opałka a entrepris une autre démarche. Depuis, à chaque fois qu’il terminait une toile, il se mettait dos à sa toile, et se prenait alors en photo. Dans sa tenue de travail blanche, avec ses cheveux qui viennent également à blanchir, il vient petit à petit se fondre dans sa toile, y disparaître. C’est encore là un moyen d’exprimer le temps qui passe.