Métamorphose

Voyage dans l’univers des aléas et des incertitudes de la métamorphose*, votre réalisation bi ou tridimensionnelle en conte** les mésaventures qui sont autant de fabuleuses constructions imaginaires.


Big Buck, Hannah DOUGHERTY, 2005

*Métamorphose :
μετά, méta (: au-delà, après, ensuite) ; μορφή, morphê, (: forme).
Transformation, changement d’une forme en une autre. Changement de cette nature opéré par les Dieux dans la mythologie grecque et latine (cf. la métamorphose d’Actéon en cerf, de Daphné en laurier).

**Conter : faire le récit de ; relater une histoire qu’on a imaginée, pour amuser.

Plasticité : (de plastique + -⁠ité ; du latin plasticus, « relatif au modelage »). Qualité de ce qui est plastique, malléable, modifiable. Qualité sculpturale d’une œuvre d’art.
Plastique : Adj. Qui ne reprend pas sa forme originale lorsqu’il a été déformé. Beaux-arts – Qui concerne l’art de donner une forme à partir d’un matériau.

Attention à ne pas confondre avec hybridation : croisement entre deux individus d’une même espèce ou pas en vue d’obtenir des hybrides, hybride : se dit de qqn, de qqch qui est composé d’éléments disparates.

Notions abordées lors de la verbalisation : plasticité, assemblage, composite, imbrication, hétérogénéité, cohérence plastique, écart, ressemblance, narration, temporalité.

Références :
Les Métamorphoses, poèmes de quinze livres d’OVIDE
L’étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde, nouvelle de Robert Louis STEVENSON, 1886
La Métamorphose, nouvelle de Franz KAFKA, 1915
The Incredible Hulk, personnage de Stan LEE et de Jack KIRBY, Marvel Comics, 1962
An American Werewolf in London, film de John LANDIS, 1981
The Fly, film de David CRONENBERG, 1986


Apollon et Daphné, Le BERNIN (1622-1625), sculpture conservée à la Galerie Borghèse à Rome.

Ce sujet mythologique met en œuvre le dieu Apollon et la nymphe Daphné. Le mythe provient des métamorphoses d’Ovide. Daphné est une nymphe, fille du Dieu fleuve Pénée. Pour se venger d’Apollon, qui s’est moqué de lui, Éros, dieu de l’amour (appelé aussi Cupidon) décoche simultanément deux flèches, une en or sur le dieu lui-même, qui le rend fou amoureux de la belle Daphné, l’autre en plomb sur la nymphe, qui lui inspire le dégoût de l’amour. Alors qu’Apollon la poursuit, celle-ci, épuisée, demande à son père, le dieu fleuve Pénée, de lui venir en aide. Il métamorphose alors sa fille en laurier.

C’est un thème assez souvent représenté en peinture, mais beaucoup moins en sculpture car il est très difficile de reproduire la tension de la scène et la transformation de la nymphe en laurier.

La composition de l’œuvre est hélicoïdale. C’est une idée que Le Bernin utilise souvent dans ses œuvres. Il alterne les surfaces rugueuses, polies, et ciselées. L’œuvre est faite pour avoir plusieurs points de vue. Le spectateur peut tourner autour et il y est même invité car sinon il ne peut pas voir l’œuvre en entier. De plus, toute l’œuvre est traitée avec le même souci du détail, aucune partie n’est laissée brute.

Apollon dispose d’une draperie avec énormément de détails sur les plis très profonds. Le rendu est très réaliste sur les chairs. La musculature d’Apollon est légèrement marquée. La posture des corps amplifie le côté dramatique de la scène. La torsion des corps est réelle. Apollon court pour rejoindre la nymphe. On peut voir sa jambe gauche en l’air ce qui donne la sensation d’un mouvement rapide. De plus le drapé n’est pas collé au corps. Il donne l’impression d’être entraîné par la course du Dieu. La nymphe dans un dernier effort se jette en avant comme pour se rapprocher du ciel. L’ultime saut du désespoir est perceptible par la torsion du corps et la sensation de mouvement. Le traitement des visages est très soigné. On aperçoit Daphné apeurée, son visage révélant sa peur. Tandis qu’Apollon a l’air surpris. Il ne comprend pas ce qui se passe. Le traitement des chairs est impressionnant mais celui des cheveux l’est plus encore. De fines ciselures sur la coiffure d’Apollon imitent une vraie chevelure. Des boucles finement ciselées sont faites de petites torsades. Le traitement de la coiffure de la nymphe est légèrement différent. L’artiste alterne un ciselé fin, avec une sorte de non-finition. Cela renforce l’effet réaliste de la chevelure. Le traitement est très important sur les parties qui commencent à se métamorphoser, par exemple sur les doigts de pieds qui se transforment en racine, ou sur l’écorce qui commence à envelopper la jeune nymphe, sur ses doigts des mains qui deviennent des branches de laurier ou même de sa chevelure qui se transforme peu à peu. La femme laisse place au végétal, à l’arbre. On constate cette évolution du corps de la nymphe en même temps que l’étonnement d’Apollon.

Le Bernin réalise une prouesse exceptionnelle en parvenant à montrer aussi bien le mouvement de la poursuite et la transformation de la nymphe lors de l’instant fatidique du mythe.

Il s’est avéré, lorsque cette sculpture a été nettoyée voici quelques années, que les feuilles de laurier en marbre tintaient comme du cristal.

Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Apollon_et_Daphné_(Le_Bernin)


  • Questionnements :
    La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.
  • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
    Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
    Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine