Ce personnage sans couleur libère ses sentiments

Ce personnage sans couleur libère ses sentiments.

#expressionnisme #couleur

Peignez une gouache (ou une aquarelle) dans laquelle vous chercherez par l’utilisation de la couleur à donner un état d’âme au personnage principal de votre réalisation.

Les objectifs de la séance seront de s’interroger sur la perception des effets de la couleur et de comprendre que couleur et émotion peuvent être étroitement liées et savoir faire des choix chromatiques pertinents pour exprimer un ressenti ou une sensation en expérimentant le potentiel sensoriel, expressif, métaphorique, symbolique de la couleur.
– Comment interagissent les couleurs ?
– Comment les variations entre quantité et qualité de la couleur transforment-elles notre ressenti ?

Références artistiques possibles

  • Edvard MUNCH, Two Women on the Shore (Deux femmes sur le rivage), gravure sur bois, 45,5 x 51,5 cm, 1898 (deux versions ci-dessous)
  • Paul SÉRUSIER, Le talisman, l’Aven au Bois d’Amour, 1888, huile sur bois, 21 x 27 cm, Musée d’Orsay
  • Vincent VAN GOGH, Autoportrait, septembre 1889, huile sur toile, 65 x 54 cm, Musée d’Orsay, Paris
  • Maurice DE VLAMINCK, La cuisine (Intérieur), 1904, huile sur toile, 55 x 46 cm, Centre Pompidou
  • Pablo PICASSO, La Celestina, 1904, huile sur toile, 81 x 60 cm, Musée Picasso, Paris.
    Pablo Picasso représente sur cette toile une vieille femme qui se tient seule, isolée sur un fond bleu uni et la tête recouverte d’un voile noir. Seules quelques touches de rose tentent de raviver les joues blafardes de la vieille femme. Son regard attire l’attention du spectateur, d’une part parce qu’elle a un œil aveugle, ce qui est une représentation exceptionnelle dans l’œuvre de Picasso qui accorde une grande place à cet organe, et d’autre part parce que ce regard se détourne de celui du spectateur, donnant l’impression de se perdre dans l’infini.
    Cette toile est une œuvre majeure de la période bleue : ici, Picasso traduit sa rencontre avec la réalité sociale, le désenchantement d’une génération. Le bleu caractéristique de cette période témoigne de mélancolie et de souffrance, et représente la couleur de la misère sociale. Cependant, si la rencontre avec les réalités sociales traverse ses œuvres, l’essentiel du travail de Picasso à cette époque tient en de nouvelles expérimentations, à de nouveaux genres d’expressions plastiques. Source Wikipédia
  • Henri MATISSE, La joie de vivre, 1906, huile sur toile, 174 x 238,1 cm, Fondation Barnes, Philadelphie.
    Cette toile montre une première rupture entre Matisse et les Fauves et préfigure, 20 ans avant leur systématisation, l’utilisation des gouaches découpées en simplifiant l’évocation des silhouettes, la construction géométrique de l’espace et les grands aplats de couleur qui délimitent la composition et allient légèreté et puissance. Source Wikipédia
  • André DERAIN, Trois personnages assis dans l’herbe, 1906, huile sur toile, 55 x 98 cm, MAM, Paris
  • André DERAIN, L’Estaque, Route tournante, 1906, huile sur toile, 129,5 x 195 cm. Museum of Fine Arts, Houston
  • Robert DELAUNAY, Joie de vivre, 1930, huile sur toile, 200 x 228 cm, MAM, Paris
  • Eugène LEROY, Autoportrait, 1960. huile sur toile, 74 x 54 cm
  • James TURRELL, Heavy Water , 1991, installation, Confort Moderne, Poitiers
  • Daniel FIRMAN, Simply Red, 2009, plâtre, vêtements et objets

Estampes d’Edvard Munch

À propos de l’Expressionnisme – source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Expressionnisme

L’expressionnisme est la projection d’une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.

Au début du 20e siècle, ce mouvement profondément ancré dans l’Europe du Nord (en particulier l’Allemagne) est une réaction à l’impressionnisme français. Alors que l’impressionnisme est encore à décrire la réalité physique, l’expressionnisme allemand, lui, ne s’attache plus à cette réalité et la soumet aux états d’âme de l’artiste. L’expressionnisme rompt aussi avec l’impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s’inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s’épuiser. Pour autant, l’expressionnisme n’est pas vraiment un mouvement ou une école, mais davantage une réaction contre l’académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés. Le Cri, du peintre Edvard MUNCH, ou La Guerre, d’Otto DIX sont des tableaux représentatifs du genre expressionniste en peinture.

À propos d’Edvard Munch :  mediation.centrepompidou.fr

Les Fauves

Le Fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec des couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. »

Henri Matisse, Écrits et propos sur l’Art

Régulièrement accrochés dans les premières salles du Musée national, les artistes fauves annoncent par la couleur la modernité et les bouleversements artistiques du début du 20e siècle.
En donnant aux chocs émotifs, selon le mot d’Henri Matisse, une palette franche et pure, le fauvisme prête à la couleur la tonalité d’une émotion et d’une sensation. Il se caractérise par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Ils séparent la couleur de sa référence à l’objet, afin d’accentuer l’expression, et réagissent de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l’impressionnisme : ce courant est à rattacher à celui de l’expressionnisme.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fauvisme
http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Fauvisme


Questionnement(s) :

  • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
  • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

  • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


À propos des contrastes de couleur

Enseignant de la couleur et de la forme, Johannes ITTEN a créé des variantes du cercle chromatique déjà bien établi en peinture, suivant la tradition des artistes et des teinturiers, et les pratiques d’ateliers expliquées par écrit à partir du 18e siècle, développées au 19e siècle avec les ouvrages de Johann Wolfgang von GOETHE et de Michel-Eugène CHEVREUL, puis au 20e siècle avec Charles BLANC.

Le triangle des trois teintes fondamentales, un jaune, un bleu profond et un rouge, se développant par mélange en un cercle est la forme fondamentale de Johannes Itten pour enseigner l’usage de la couleur et permettre son utilisation dans un but esthétique et fonctionnel. Il ne vise pas à une science de la couleur, mais à la formation d’un nouvel artisanat industriel possédant une maîtrise de la couleur. Le cercle chromatique est plus qu’une simple convention de travail. C’est une disposition graphique élaborée pour structurer la perception des couleurs, comme les nombres structurent la perception des quantités.

Source Wikipédia

3 contrastes à mémoriser

  • Le contraste clair-obscur : Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
  • Le contraste chaud-froid : On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
  • Le contraste des complémentaires : Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.

Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).


* En bandeau détail des Pierreuses au bar, Pablo PICASSO, début 1902, huile sur toile, 80 x 91,5 cm, Hiroshima Museum of Art