Combine Painting

« […] Sédimentations plastiques, nappages figuratifs, épaisseurs symboliques et matérielles, compositions feuilletées, où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres. »
Description relative aux Combines Paintings de Robert RAUSCHENBERG, extraite de L’Art est-il (devenu) photographique, de Philippe DUBOIS.

Robert RAUSCHENBERG, Satellite, 1955,
201,6 x 109,9 x 14,3 cm, Whitney Museum of American Art, New York

Comme le nom l’indique, les Combines sont des œuvres hybrides, qui associent à la pratique de la peinture celle du collage et de l’assemblage d’éléments les plus divers prélevés au réel quotidien. Ni peinture ni sculpture mais les deux à la fois, les monumentales Combines de Rauschenberg envahissent l’espace du spectateur et l’interpellent comme des véritables rébus visuels. Des oiseaux empaillés aux bouteilles de Coca-Cola, des journaux aux images de presse, aux tissus, aux papiers peints, aux portes et aux fenêtres, l’univers entier semble entrer dans sa combinatoire pour s’associer à la peinture. (source Centre Pompidou)

En combinant des images choisies (: prélèvements dans des magazines et journaux, fragments d’affiches, tickets, etc.) , modifiées ou non, sur un support préalablement travaillé, proposez des « sédimentations plastiques […] où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres ». Expliquez votre réalisation.

Termes et notions plastiques évoqués lors des échanges : collage*, superposition, juxtaposition, stratification, palimpseste, transparence/ opacité, visible/ invisible, image double.

*Collage : Œuvre artistique composée d’éléments hétérogènes juxtaposés pour obtenir des rapprochements inattendus.
« Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. » 
_ Max ERNST

En quoi la multiplication des images (: superposition, juxtaposition, stratification) crée-t-elle du sens ? Dans quelle mesure le collage renforce-t-il la lecture poétique, symbolique ou expressif de l’image ? Quels liens entretiennent les images et le support, la forme et le fond ?

Références proposées lors de la verbalisation :

  • Giuseppe ARCIMBOLDO, La tête réversible avec corbeille de fruits, 1590, peinture à l’huile sur bois, 56 x 42 cm,
  • Salvador DALÍ, Marché d’esclaves, 1940, huile sur toile, 46,2 x 65,2 cm,
  • Robert RAUSCHENBERG, Sans titre, 1961, report d’imprimés, retouches à la gouache, aquarelle, crayon de couleur sur papier, 58,5 x 73,5 cm,
  • Shinro OHTAKE, Chinese Lips, 1978, technique mixte sur papier,
  • Mike et Doug STARN, Large Christ, 1987, photographie,
  • Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, peinture acrylique et encre d’imprimerie sur tissu synthétique, 225 x 300 cm (détail en bandeau).
Jean-Michel BASQUIAT et Andy WARHOL, Cops, 1984, peinture acrylique et huile sur toile, 195,2 x 298,7 cm

Questionnement(s) :

  • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
  • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

  • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
  • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine