Drôle d’insecte

« Les objets eux-mêmes, leurs formes et leur texture me donnent souvent la clef de ma vision. […] Je trouve une selle et un guidon dans la rue et je pense « Tiens, un taureau ». Tout le monde regarde l’assemblage que j’ai exécuté et remarque « Tiens, un taureau ». Jusqu’au moment où un cycliste passe et se dit « Tiens, une selle ».

Propos de Pablo PICASSO cités dans Vivre avec Picasso, Paris, Éd. 10/18, 2005

Élaborez à partir de fragments ou de parties d’objet un assemblage représentant un « drôle d’insecte ».

Qu’est-ce qu’un assemblage ?

L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du XXème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

Méthodologie

Rassembler les éléments hétéroclites de l’assemblage dans l’idée d’obtenir une forme reconnaissable : un insecte peut parfois être difficile. C’est pourquoi dans certains cas, il sera préférable de construire au préalable une structure rigide, en bois ou fil de fer, qui charpentera la forme de votre Drôle d’insecte et que vous utiliserez pour fixer (clipser, emboîter, enchâsser, lier, coller) les objets et fragments.

Nicolás LABADIA, Insecto, assemblage

Références artistiques possibles

  • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
  • Marcel DUCHAMP, Roue de bicyclette, 1913/ 1964, assemblage d’une roue de bicyclette sur un tabouret, métal, bois, 126,5 x 31,5 x 63,5 cm, Centre Pompidou, Paris.
  • Pablo PICASSO, Tête de taureau, 1924, selle en cuir et guidon métallique, Musée Picasso, Paris.
  • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
  • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
  • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
  • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
  • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
  • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
  • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
  • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario. depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
  • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
  • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

Questionnement(s) :

  • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
  • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
  • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

  • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
  • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

  • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

  • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine