Faire du neuf avec du vieux

« Quiconque n’a pas commencé par imiter ne sera jamais original ». Théophile Gautier


La Grande Odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814


La Grande Odalisque, dessin réalisé avec un Télécran®, Stéphane Lallemand, 1989-1992


La Grande Odalisque, Stéphane Lallemand, photographie, 2007

Les critiques se sont longtemps acharnés sur cette œuvre maîtresse d’Ingres. Elle avait des proportions qui laissaient supposer qu’elle avait des vertèbres en trop.
Après le sourire de la Joconde, le dos de la Grande Odalisque. Les peintres ont décidément l’art de se jouer de la réalité pour créer d’improbables canons de beauté. Si le corps de cette femme de harem peinte en 1814 par Ingres fascine tant l’œil du spectateur, c’est qu’il est beaucoup trop long : la jeune femme a trois lombaires et deux vertèbres sacrées de trop.
La position de la Grande Odalisque, son inclinaison, la rotation de son bassin, ne serait pas possible sans ces centimètres supplémentaires. L’un de ses bras a lui aussi été allongé. La volupté du corps contraste ainsi encore plus fortement avec l’expression du visage.