Intérieur féminin

Réalisez un projet dans lequel vous proposerez la maquette ou le photomontage d’un « intérieur féminin ». Ce travail nécessairement engagé donnera bien entendu à voir une image dépassant l’usage quotidien d’une pièce habitée.

Références artistiques possibles :


American Interior, N°7, Erró, 1968


Dots Obsessions. Infinity Mirrored Room, 1998
Environnement – peinture, miroir, ballons, adhésif, hélium
280x600x600 cm
Les Abattoirs, Toulouse

Yayoi Kusama – Centre Pompidou
10 octobre 2011 – 9 janvier 2012
GALERIE SUD, NIVEAU 1

« Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois »

Le Centre Pompidou présente la première rétrospective française consacrée à l’artiste japonaise Yayoi Kusama (née en 1929) : à travers un parcours chronologique composé de 150 œuvres réalisées entre 1949 et 2011, cette exposition rend hommage à une artiste inclassable qui a exercé une influence considérable sur la scène contemporaine (d’Andy Warhol à Mike Kelley et beaucoup d’autres) et captive encore l’intérêt de la jeune génération.
Après une première étape au Musée National Reina Sofia de Madrid, cette rétrospective sera présentée à la Tate Modern à Londres et au Whitney Museum of American Art à New York. Chaque ville constitue un rendez-vous privilégié et spécifique puisque les présentations diffèrent d’un lieu à l’autre. Le Centre Pompidou met l’accent sur l’œuvre sculptée et les expériences de Kusama avec la couleur en présentant des monochromes colorés. L’exposition suit les grands moments de la vie de l’artiste et illustre le caractère protéiforme (peintures, sculptures, environnements, performances) d’une œuvre qu’elle qualifie elle-même d’obsessionnelle. Celle-ci est fortement arrimée à un souvenir d’enfance, une hallucination à partir de laquelle elle élaborera le motif récurrent du pois/point (dot).


Precious Liquids, 1992,
Bois de cèdre, fer, eau, verre, albâtre, tissu, coussins brodés, vêtement, 427 x 442 cm
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Parisrn

Dans les années 90, à quatre-vingts ans, Louise Bourgeois se consacre à la réalisation de ces chambres magiques, que sont les Cells. Elle y rassemble des objets qui lui sont très proches et qu’elle investit d’une grande charge émotionnelle. Les Cells sont les lieux où elle déroule la trame de ses souvenirs et de ses affects.
Liquides précieux est une imposante installation cylindrique où le spectateur est invité à entrer. Il s’agit d’un espace sombre et clos, composé d’un réservoir cylindrique d’eau en bois de cèdre, tel qu’on peut en voir sur les toits new-yorkais, et destiné à recueillir les « liquides précieux ». Ces liquides sont ceux que le corps humain produit quand il est soumis à des émotions comme la peur, la joie, le plaisir, la souffrance.
Au centre de l’étrange tonneau se trouve un lit ancien en fer entouré de montants qui soutiennent des ballons en verre, tenus de décanter, à travers des tuyaux qui les relient à une flaque d’eau au centre du lit, le liquide qui s’évapore et qui retombera ensuite après sa condensation.
En face, un immense manteau masculin surplombe l’espace, enfermant en son sein un petit vêtement d’enfant avec l’inscription « Merci-Mercy ». De l’autre côté figurent deux boules en caoutchouc et une sculpture ancienne en marbre. L’installation est une œuvre complexe, surdéterminée de sens. Le spectateur est interpellé par cet espace déserté de toute présence humaine et qui pourtant en porte les traces, ce lieu où s’inscrit l’absence, le temps qui passe dans la vétusté du lit et du manteau, la mort peut-être. La curieuse alchimie des liquides et la construction mentale que l’artiste y rattache font de l’espace de l’œuvre un espace du psychisme.
En effet, Louise Bourgeois s’explique quant à la signification des objets y figurant. Le manteau renvoie au père, figure de la répression, le petit habit à la petite fille qu’elle a été, et la dynamique des fluides serait liée aux humeurs de la peur face au père. On est au cœur du « complexe de castration » qui renvoie, selon Freud, au manque central de pénis chez la petite fille et à la différence sexuelle. L’artiste l’a bien évidemment dépassé mais l’œuvre, dans la mise en scène du fantasme, en est sous-tendue.
(source : Louise Bourgeois – Centre Pompidou)



Inspirée par la grossesse de son amie Clarice Rivers, l’épouse de l’artiste américain Larry Rivers, Niki de Saint Phalle commence à considérer pour ses œuvres l’archétype des figures féminines par rapport à sa réflexion sur la position des femmes dans la société. L’expression artistique pour chacune de ces célèbres femmes est Nana. La première de ces formes, faites de papier mâché, fil et tissu, a été exposée à la Galerie Alexandre Iolas à Paris en Septembre 1965.
En 1966, elle collabore avec l’artiste Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt sur l’nstallation d’une sculpture de grande taille, She : a cathedral. pour le musée moderne de Stockholm (Suède). La forme extérieure est une Nana géante, couchée, dont l’accès à l’environnement intérieur est situé entre ses jambes. La pièce suscite une forte réaction du public dans les magazines et les journaux à travers le monde. La qualité interactive de l’œuvre combinée à la fascination continue pour des types d’architecture fantastique intensifie la détermination de Niki de St Phalle à voir ses propres rêves architecturaux réalisés.