Les Projections de Krzysztof Wodiczko


Soldiers and Sailors Memorial Arch, Krzysztof Wodiczko, 1984-1985, New-York

Krzysztof Wodiczko

« We have to see the relationship between what is being said and how it’s being transmitted. For people to open up and come closer to those who are conveying difficult truths, it may be easier through a spectacular project. So there is a function of the spectacular here, an artifice that is more acceptable because of its aesthetic quality. »
(Nous avons à voir la relation entre ce qui est dit et comment il est transmis. Pour les personnes s’ouvrir et se rapprocher de ceux qui trainent des vérités difficiles, c’est peut-être plus facile au travers un projet spectaculaire. Il y a donc une fonction du spectaculaire ici, un artifice qui est plus acceptable en raison de son esthétique de qualité.)

Ces œuvres témoignent d’un engagement social profond. Il est reconnu pour être un activiste culturel. « Il intervient surtout dans l’espace public pour détourner, modifier et manipuler le message initial établi par les vainqueurs. De cette façon, il choque, dénonce et transforme l’opinion publique. » Il prône une création didactique et critique qui instruit le public. À travers ses projections publiques, véhicules et dispositifs technologiques, il s’intéresse aux droits humains, remet en question la classe dirigeante et tente de donner une voix aux marginaux et aux victimes d’abus.

Krzysztof Wodiczko utilise la projection pour transformer les monuments et les édifices publics en métaphores axées sur des contradictions de la vie sociale et politique. Dans les années 1980, ses premières projections sont fixes. Elles mettent en évidence la lourde charge historique et politique de monuments symbolisant le pouvoir, la bureaucratie et le triomphe, détournant ainsi la fonction sociale de ces lieux établie par les autorités, qui les présentent comme des attractions culturelles, touristiques et historiques. Ainsi, il invite le public à prendre conscience des réalités qui se cachent derrière ces monuments symboliques. À partir des années 1990, il projette sur des structures urbaines symboliques des images vidéo plutôt que des images fixes. Il commence alors à solliciter la participation des communautés en relation avec les lieux de projections. Il met en parallèle l’aspect statique et monumental des bâtiments avec les témoignages des individus vivant dans l’ombre de ces monuments. (source Wikipédia)

Projection onto The Hirshhorn Museum, Washington D.C, Krzysztof Wodiczko, 1988
Projection onto The Hirshhorn Museum, 1988, Washington D.C


À SAVOIR
– Méthodologie d’analyse d’œuvre à l’usage des élèves –

1/ Ce que je vois (et qui saute aux yeux) : Qu’est-ce qui est mis sous mon regard ?
Une image en couleur sur papier ou projetée. L’ai-je déjà vue ? En reproduction ou de visu ? En ai-je vu une reproduction en noir et blanc ou en couleurs ? Celle-ci me paraît-elle fidèle à l’original ? Quelle est la nature de cette œuvre ? Peinture – sculpture – assemblage – installation – dessin – collage… œuvre composite ? Est-elle présentée en totalité ou partiellement ? Dans quel environnement ? Comporte-t-elle un cadre ? Quelles indications sont-elles fournies ? Légende : son format, son titre, sa datation, la technique ou le procédé utilisés…

2/ Ce que je perçois : Comment est-ce fait ? Pourquoi ? Qu’est-ce que je comprends ?
Est-ce une ébauche, une esquisse, une maquette, une œuvre achevée ? Sa matière et les matériaux qui la constituent sont-ils apparents ? Quels sont ses composants plastiques ? S’agit-il d’une composition, d’une organisation d’éléments homogènes ou non, d’une œuvre aléatoire, d’une œuvre éphémère ?
– S’il s’agit d’une peinture :
Quel est son degré d’iconicité ? L’œuvre « fait-elle » ou non image ? Quels en sont les rythmes principaux, quel est le rapport entre fond et forme en quantité et en qualité ? Perçoit-on les effets de transparence, de fluidité, d’épaisseur, de recouvrement, d’opacité, d’effacement ? Quels sont les choix chromatiques, la dominante, le registre de valeurs, la lumière (éclairage ou lumière suggérée), l’organisation de I’espace, les bordures, le traitement proprement dit (touche, aplats, modelé, modulations), la gestualité apparente ou non, le dessin (cernes ou sertis, ou absence de graphisme) ?
– S’il s’agit d’une œuvre tridimensionnelle :
La photographie se présente-t-elle sur un fond neutre ou non ? Rapport des vides et des pleins, texture… Y a-t-il un socle ? L’œuvre est-elle montrée dans un espace spécifique, in situ, intégrée à un monument ou I’ornant ? A-t-elle une fonction, in situ, dans son contexte muséal… ? Le titre de l’œuvre et la relation titre/sujet. Les effets produits sur le spectateur. Comment sont-ils obtenus ?

3/ Ce que je sais : (connaissances culturelles et hypothèses)
Dans quelle période historique s’inscrit l’œuvre ? Dans quels courants artistiques ? Dans quelle période de l’œuvre est-elle peinte, sculptée, gravée… par I’artiste ? À quoi renvoie-t-elle ? Les sources, les prolongements… Si l’œuvre est en relation étroite avec une thématique étudiée ? Quelle est la problématique générale de l’œuvre, celle plus spécifique à I’artiste ? Quelle interprétation raisonnée puis-je en faire ? Quels liens peut-on tisser avec des créations analogues, avec des modes de production différents, voire ceux d’une autre époque ?