Ma Dame à la Licorne

Des animaux unicornes sont assurément décrits dès l’Antiquité gréco-romaine, mais la licorne n’appartient à aucune légende populaire vivante, et ne marque ni les arts plastiques, ni les récits créatifs, ni la mythologie de l’Antiquité.

Son image se fixe à la fin du Moyen Âge, son invention pouvant être datée du début de la Renaissance de l’occident chrétien, époque où des ouvrages entiers lui sont consacrés. Par son omniprésence dans l’Art et les récits des lettrés, la licorne européenne forme l’animal imaginaire le plus important de l’époque.

Tissée au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance, La Dame à la licorne est considérée tant par les historiens que par le public d’aujourd’hui comme un chef-d’œuvre. Imprégnant la culture visuelle contemporaine, sa beauté et son mystère résonnent jusqu’à nous.

Si le propre d’un chef-d’œuvre est de rester actuel quelle que soit l’époque, comment cette tenture est-elle comprise aujourd’hui ? Qu’est-ce que le regard contemporain dit d’une œuvre historique comme La Dame à la Licorne ? Quelle lecture en faites-vous ?

Proposez votre interprétation plastique de cette lecture.

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Détail de la Dame à la Licorne – Mon Seul Désir

La Dame à La Licorne

Construite en six pièces autour de l’évocation des cinq sens, la tenture de La Dame à La Licorne est attribuée, pour ses cartons, au peintre Jean d’Ypres, membre très actif à Paris, vers 1480-1510.

  • Pour évoquer le toucher, la dame effleure la corne de l’animal.
  • Pour représenter la vue, le sens le plus élevé selon la hiérarchie médiévale, la dame tend un miroir précieux à la licorne afin que l’animal puisse y admirer son reflet.
  • Avec des œillets disposés sur un plateau que lui tend une demoiselle, la dame confectionne une couronne de fleurs. Un petit singe sent le parfum d’une rose qu’il vient de chaparder dans un panier, mimant ainsi le sens représenté : l’odorat.
  • Dans une coupe, la dame saisit une à une des dragées dont elle nourrit une perruche posée sur sa main gauche. Assis au premier plan, un singe porte à sa bouche une friandise dérobée, tandis qu’un petit chien attend son tour pour y goûter.
  • Pour suggérer l’ouïe, la dame joue de l’orgue assistée de la demoiselle.
  • Amarrée à deux arbres, une tente royale se dresse au centre de la composition. Au-dessus de l’entrée se déploie encadrée de deux initiales une inscription énigmatique : « Mon seul désir »,

Le fond de mille fleurs des tapisseries, peuplé de fleurs et d’animaux familiers – lapins, oiseaux, agneaux – crée un univers poétique. Ces fonds sont assez répandus à la fin du Moyen Âge, mais l’usage d’un arrière-plan rouge est plus exceptionnel, et accentue le caractère précieux de la tenture.

Sources : Wikipédia, Les Abattoirs Musée-FRAC Occitanie-Toulouse, Beaux Arts Magazine

La Dame à la licorne (Mon Seul Désir) est aux Abattoirs de Toulouse
(du 30 octobre 2021 au 16 janvier 2022)

Références artistiques

La Dame à la Licorne,  1484-1538, composition de six tapisseries, Musée national du Moyen-Âge, Musée de Cluny, Paris, https://youtu.be/WQh2QYt7i8A

Le TITIEN,Vénus d’Urbino, 1538, 119 x 165 cm, Musée des Offices, Florence – Édouard MANET, Olympia, 1863, 130,5 x 191 cm, Musée d’Orsay, Paris

Conrad GESSNER, Monocerote, Historia animalium I : de quadrupedibus, 1551, gravure sur bois

Domenico ZAMPIERI, Jeune fille vierge et licorne, 1604-1605, détail d’une fresque au Palais Farnèse à Rome

Théodore GÉRICAULT, Le Radeau de la Méduse, 1819, 493 x 725 cm, Musée du Louvre, Paris – Gérard RANCINAN, Le Radeau des Illusions, 2017, 217 x 320 cm, collection particulière

Pablo PICASSO, La dépouille du Minotaure en costume d’Arlequin, rideau de scène Quatorze juillet de Romain Rolland, 28 Mai 1936, encre de Chine, gouache, 44 x 54 cm, Musée national Picasso, Paris

Rebecca HORN, Einhorn, 1970, sculpture pour une performance, bois, tissu et métal

Will COTTON, Roping, 2019-2020, huile sur toile de lin, 152 x 127 cm


Questionnement(s)

  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentatio – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine