Mode d’emploi

Comment impliquer le public dans la création physique de l’œuvre conférant ainsi un nouveau statut à l’œuvre, au spectateur et à l’artiste ?

Concevez puis réalisez un KIT* prêt à l’emploi qui permettrait à son possesseur en suivant le mode d’emploi (notice où apparaissent les instructions à suivre) de créer une œuvre artistique prête à exposer.

#DIY #œuvre participative

*KIT : ensemble des éléments constitutifs d’un objet qui sont vendus prêts à être assemblés, avec un plan de montage.

DIY (Do it yourself) est une appellation, dont une traduction littérale en français serait « Faites-le vous-même ».
Qu’est-ce qui s’apparente à la philosophie du DIY ?

  • Toute activité, où l’on n’est plus spectateur ou consommateur.
  • Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre.
  • Toute activité créatrice artisanale (non industrielle).
  • Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.
  • Auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.
  • Groupes ou artistes solos libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.
  • La culture de la cassette et de la copie privée ou plus (dans la culture punk).
  • Création artisanale comme le tricot, la couture, des bijoux faits à la main, céramiques, etc.
  • En informatique, les logiciels libres.
  • En comédie, le détournement situationniste ou tout simplement toute parodie.
  • L’auto-régulation, l’auto-organisation, la démocratie directe.

(source Wikipédia)

Références artistiques possibles :

  • Andy WARHOL, Do It Yourself , 1962. Le modèle choisi pour réaliser ces 5 œuvres est celui des kits pédagogiques de peinture par numéros.
  • Lawrence WEINER. En 1968 le travail de Lawrence Weiner connaît un tournant décisif : lors d’une exposition à la Siegelaub Gallery, il décide de ne montrer que Statements (Énoncés), un livre compilant une suite de propositions sculpturales à réaliser mentalement. Dès lors, toutes les propositions de l’artiste conceptuel se fondent sur cette déclaration d’intention, publiée en 1969 : « L’artiste peut réaliser la pièce ; la pièce peut être réalisée (par quelqu’un d’autre) ; la pièce peut ne pas être réalisée. Chaque proposition étant égale et en accord avec l’intention de l’artiste, le choix d’une des conditions de présentation relève du récepteur à l’occasion de la réception ».
  • Benjamin SABATIER insiste dans son approche sociale de l’art sur l’importance de l’implication du spectateur. « Le fait que mes travaux semblent pouvoir être reproduits facilement est une “manière de faire » Do It Yourself. Certains se présentent même sous forme de kits. Le spectateur peut ainsi dire “moi aussi je peux le faire”, et il aura raison. Inciter au “faire soi-même” est une manière de partager mes expériences, d’inviter chacun à prendre l’exacte mesure de la complexité de l’œuvre et d’acquérir une compétence. Finalement en savoir plus sur soi et sur ses capacités. Cette démarche me fait penser à ce qu’Hannah Arendt appelle : la vita activa et qui se détermine sous trois formes : travail, œuvre, action, qui sont nos seules sources d’autonomie.»
    Benjamin Sabatier, Extrait.
  • Eduardo KAC. En 1989 il commence à travailler sur une série d’œuvres de téléprésence intitulée Ornitorrinco (1989-1998). Avec un concepteur de matériel informatique, Ed Bennett, l’artiste crée un robot qui réagit aux signaux acheminés par divers appareils de télécommunication. Le public, disséminé dans différents lieux géographiques, est invité à transmettre des ordres au robot.
  • Aram BARTHOLL. Dans son travail, il crée des interactions entre Internet, culture et réalité en impliquant dans ses installations et interventions publiques des manifestations physiques du monde numérique, remettant en question notre concept de la réalité. L’uberisation, les politiques du Web, le mouvement DIY et le développement d’Internet jouent également un rôle important dans sa démarche artistique.
  • Rirkrit TIRAVANIJA. Depuis le début des années 1990, la pratique de l’artiste s’est focalisée sur plusieurs projets centrés sur le partage et la participation des visiteurs. Selon Rirkrit Tiravanija, le communautarisme au sein de notre société est primordial et c’est au travers d’un grand nombre de ses expositions qu’il tente de le transmettre à ses visiteurs.

Questionnement(s) :

  • La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
  • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
  • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
  • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
  • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

  • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine