OBEY – The FIRST AIM OF PHENOMENOLOGY

The OBEY sticker campaign can be explained as an experiment in Phenomenology. Heidegger describes Phenomenology as “the process of letting things manifest themselves.” Phenomenology attempts to enable people to see clearly something that is right before their eyes but obscured; things that are so taken for granted that they are muted by abstract observation.

The FIRST AIM OF PHENOMENOLOGY is to reawaken a sense of wonder about one’s environment. The OBEY sticker attempts to stimulate curiosity and bring people to question both the sticker and their relationship with their surroundings. Because people are not used to seeing advertisements or propaganda for which the product or motive is not obvious, frequent and novel encounters with the sticker provoke thought and possible frustration, nevertheless revitalizing the viewer’s perception and attention to detail. The sticker has no meaning but exists only to cause people to react, to contemplate and search for meaning in the sticker. Because OBEY has no actual meaning, the various reactions and interpretations of those who view it reflect their personality and the nature of their sensibilities.

Many people who are familiar with the sticker find the image itself amusing, recognizing it as nonsensical, and are able to derive straightforward visual pleasure without burdening themselves with an explanation. The PARANOID OR CONSERVATIVE VIEWER however may be confused by the sticker’s persistent presence and condemn it as an underground cult with subversive intentions. Many stickers have been peeled down by people who were annoyed by them, considering them an eye sore and an act of petty vandalism, which is ironic considering the number of commercial graphic images everyone in American society is assaulted with daily.

Another phenomenon the sticker has brought to light is the trendy and CONSPICUOUSLY CONSUMPTIVE nature of many members of society. For those who have been surrounded by the sticker, its familiarity and cultural resonance is comforting and owning a sticker provides a souvenir or keepsake, a memento. People have often demanded the sticker merely because they have seen it everywhere and possessing a sticker provides a sense of belonging. The Giant sticker seems mostly to be embraced by those who are (or at least want to seem to be) rebellious. Even though these people may not know the meaning of the sticker, they enjoy its slightly disruptive underground quality and wish to contribute to the furthering of its humorous and absurd presence which seems to somehow be antiestablishment/societal convention. Giant stickers are both embraced and rejected, the reason behind which, upon examination reflects the psyche of the viewer. Whether the reaction be positive or negative, the stickers existence is worthy as long as it causes people to consider the details and meanings of their surroundings. In the name of fun and observation.

La campagne d’autocollants OBEY peut être expliquée par une expérience en phénoménologie. Heidegger décrit la phénoménologie comme « le fait de laisser les choses se manifester par elles-mêmes ». La phénoménologie vise à rendre les gens capables de voir clairement ce qui est juste devant leurs yeux, mais masquer  les choses qui sont tellement prises pour acquises qu’elles sont voilées par l’observation abstraite.
Le premier but de la phénoménologie est de réveiller le jugement de chacun sur son environnement. Le sticker OBEY cherche à stimuler la curiosité et à amener les gens à se questionner à la fois sur l’autocollant et sur leur relation avec leur environnement. Parce que les gens n’ont pas l’habitude de voir de la publicité ou de la propagande pour laquelle le produit ou le motif n’est pas évident, les rencontres fréquentes et nouvelles avec l’autocollant provoquent la réflexion et une frustration possible, néanmoins revitalisant la perception du spectateur et son attention pour le détail. Le sticker n’a pas de signification, mais existe uniquement pour pousser les gens à réagir, à contempler et chercher un sens dans l’autocollant. Parce qu’OBEY n’a pas de signification véritable, les diverses réactions et interprétations de ceux qui le voient reflètent leur personnalité et la nature de leurs sensibilités.
Beaucoup de personnes qui connaissent le sticker trouvent l’image en elle-même amusante, la reconnaissant comme absurde, et sont capables d’en dégager un simple plaisir visuel sans s’encombrer avec des explications. Le paranoïaque ou conservateur qui verrait l’autocollant risque d’être confus par sa présence persistante et de le considérer comme issu d’une secte clandestine ayant des intentions révolutionnaires. Bon nombre d’autocollants ont été arrachés par des gens qui étaient dérangés par eux, les considérant comme une horreur et un acte de vandalisme insignifiant, ce qui est ironique si l’on pense à toutes les images commerciales qui agressent tout le monde chaque jour dans la société américaine.
Un autre phénomène que l’autocollant a mis en avant est la nature branchée et manifestement consommatrice de nombreux membres de la société. Pour ceux qui ont été entourés par le sticker, sa familiarité et sa résonnance culturelle sont réconfortantes, et le fait d’en posséder un permet un souvenir, une mémoire. Les gens ont souvent demandé l’autocollant simplement parce qu’ils l’avaient vu partout et que le fait de le posséder permettait une sensation d’appartenance. Le sticker The Giant semble principalement être compris par ceux qui sont (ou au moins veulent avoir l’air) révoltés. Même si ces gens peuvent ne pas connaitre le sens de l’autocollant, ils apprécient son caractère légèrement perturbateur et souhaitent encourager sa présence drôle et absurde qui semble en quelque sorte être une convention contestataire/sociétale. Les stickers Giant suscitent à la fois l’adhésion et le rejet, avec raison à l’appui, fondés sur l’examen qui reflète le psychisme de celui qui le voit. Que la réaction soit positive ou négative, l’existence de l’autocollant en vaut la peine, à partir du moment où il pousse les gens à considérer les détails et les significations de leur environnement. Au nom de l’amusement et de l’observation.
Shepard Fairey, 1990

Manifesto