Palimpseste contemporain

Peut-on empiler du temps comme on empile des briques ?
Donner à voir la matérialité du temps, restituer ce processus d’agrégation et de désagrégation, œuvrer par séquences, stratifications, dépôts successifs…

  • Éditer un champ lexical (: désigne un ensemble de noms, d’adjectifs et de verbes appartenant à une même catégorie syntaxique et liés de branches par leur sémantique) relevant de l’usure du temps ou des traces du temps.
    Exemple : rouille, oxydation, vermoulure, corrosion, craquelure, fissure, abrasion, patine, etc.
  • Lister des actions qui pourraient reproduire cette usure ou ces traces sur des matériaux habituellement utilisés en arts plastiques (: peinture, vernis, médium, papier, toile, bois, pierre, métal, etc.).
  • Proposer un mode d’emploi détaillé (: croquis, texte, échantillon) permettant de réaliser une œuvre présentant cette usure ou ces traces.

Références artistiques possibles :

  • Kurt SCHWITTERS, Sans titre, collage signé pour Henry Cowel, 1928
  • Jacques VILLEGLÉ, ABC – 04 mars 1959, affiches lacérées marouflées sur toile 150,4 x 188,7 cm, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
  • Raymond HAINS, Sans titre, affiches déchirées sur tôle, 1963, collection Frac Nord-Pas-de-Calais (détail ci-dessus)
  • Ernest PIGNON-ERNEST, Naples, sérigraphies d’après dessins originaux au fusain et à la pierre noire, 1988-1995
    « L’histoire de Naples ne s’efface pas ; s’y superposent mythologies grecque, romaine, chrétienne. »
Ernest PIGNON-ERNEST, Épidémies, Naples, sérigraphie, 1988-1995

Un palimpseste est un parchemin manuscrit dont la première écriture a été effacée afin d’écrire un nouveau texte. 
Gérard Genette emploie le mot Palimpsestes comme titre d’un ouvrage de théorie littéraire sur La littérature au second degré (Paris : Seuil, 1982). Il s’agit pour lui d’étudier sous cette catégorie un type de transtextualité qu’il baptise hypertextualité. Il comprend donc le terme palimpseste au sens figuré, métaphorique, pour montrer qu’un texte littéraire peut toujours en cacher un autre, mais que, comme dans les palimpsestes anciens, il le dissimule rarement tout à fait, de sorte que le texte se prête souvent à une double lecture où se superposent, au moins, un hypertexte et son hypotexte.
Source Wikipédia


Questionnement(s) :

  • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :

  • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine