Point et ligne sur plan

Comment peut-on organiser la surface dessinée, peinte d’une œuvre non figurative ?

Références artistiques possibles :

  • Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L’organisation de la grille répond aux contraintes d’un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
  • BMPT est le nom d’un groupe de quatre artistes : Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, créé en décembre 1966, et dissous en décembre 1967.
    Dans ses peintures, le groupe BMPT marque le refus de communiquer le moindre message et s’abstient de toute émotion. Il revendique une répétition de motifs choisis :

    • Daniel Buren : sur des toiles de store à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm et de 2,50×2,50 m, Buren recouvre de blanc les deux bandes extrêmes de la toile.
    • Olivier Mosset : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Mosset peint, au centre, un cercle noir (diamètre intérieur : 4,5 cm, diamètre extérieur : 7,8 cm).
    • Michel Parmentier : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Parmentier peint à la bombe des bandes horizontales, alternées gris et blanc, le blanc (en réserve) étant obtenu par le pliage horizontal de la toile avant qu’elle ne soit peinte.
    • Niele Toroni : sur des toiles blanches de 2,50×2,50 m, Toroni applique des traces de pinceau No 50 à intervalles réguliers de 30 cm sur toute la surface.
  • Frank STELLA, Mas o Menos, 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300×418 cm
    Mas o Menos fait partie des Shaped Canevas (toiles mises en forme) réalisées par Frank Stella à partir du début des années 60.
    Ces œuvres se caractérisent par l’originalité de la forme de leurs châssis qui détermine l’orientation des motifs de l’espace pictural, des bandes colorées qui scandent la surface : l’espace intérieur obéit aux limites extérieures, il est comme déduit du cadre.
  • Sol LEWITT, Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings), 1968 : Organisé au sein d’une grille, le Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings) présente l’une des quatre sections d’un système fini de combinaisons. Vingt-quatre ensembles de seize carrés proposent ainsi, sur le mode du miroir (Mirror), les différentes permutations possibles de ligne droite positionnée dans les quatre directions géométriques fondamentales (verticale, horizontale, diagonale à 45 degrés de gauche à droite, et diagonale à 45 degrés de droite à gauche).
    Ce système est explicité par un diagramme inscrit au mur, à côté de l’œuvre.
    La technique utilisée est le crayon à mine, appliquée directement sur le mur (traité comme une page vierge) ; les mines sont taillées de manière spécifique et assemblées en faisceaux de trois pour tracer plusieurs lignes à la fois à intervalle régulier.Les dessins muraux de LeWitt reflètent tout à la fois l’extraordinaire cohérence de ses explorations systématiques (séries et combinaisons rigoureuses d’éléments géométriques) et l’étonnante diversité de sa pratique, aussi bien dans l’évolution des formes que des matériaux utilisés.
    Les dessins conçus pour être effectués par d’autres que l’artiste sont fondés sur :
    – un vocabulaire de départ restreint, avec des formes géométriques élémentaires, ligne droite ou non droite, ligne brisée, carré, grille, arc, cercle, etc.
    – une évolution du vocabulaire vers des formes plus irrégulières et complexes telles les courbes, les boucles et une évolution du traitement avec l’emploi du crayon à mine, du pastel gras, de l’encre de Chine, de la peinture acrylique ou encore du graphite.
    (source : fiche pédagogique du Centre Pompidou-Metz : Sol LEWITT Dessins muraux de 1968 à 2007)

Sol LEWITT, Drawing Series IV (A) with India ink washes (24 Drawings), March 1984, India ink wash

Installation de l’exposition Sol LeWitt: A Wall Drawing Retrospective | MASS, Stockholm

Sol LeWitt: A Wall Drawing Retrospective