Quand le son crée l’image !

Créez et réalisez une courte vidéo d’une durée de 1 minute et 43 secondes, à partir de la bande-son originale créée par Gabriel YARED, compositeur reconnu et oscarisé de musiques de film(1).

#audivisuel #cinéma expérimental #son #musique

Votre projet sera de rendre sensibles les multiples relations de l’image et du son en vous appuyant sur ce que vous avez déjà vu dans d’autres disciplines, notamment en éducation musicale.

Dans ce contexte, le sonore sera donc l’élément déterminant de la perception visuelle et de la qualité finale perçue.

Bande-son de G Yared

Source : 3e Édition du concours scolaire Quand le son crée l’image !
https://www.lasemaineduson.org/3e-edition-du-concours-scolaire-quand-le-son-cree-l-image

Méthodologie

  1. Écoutez attentivement et à plusieurs reprises l’extrait sonore.
  2. Notez sa structure, son rythme, ses variations…
  3. Associez à l’extrait des mots clés, par exemple : des caractéristiques essentielles, des associations d’idées, votre ressenti,
  4. Ordonnez votre analyse dans la construction d’une carte mentale puis simplifiez-la.
  5. Pensez au sentiment que vous souhaitez véhiculer. Quels endroits expriment le mieux votre projet ? Quelles associations voulez-vous créer dans l’esprit de votre audience ? Collectez alors toutes les images en lien avec votre sujet comme on le ferai pour réaliser un moodboard1.
  6. Utilisez cette carte et ses images pour écrire votre scénario (histoire) puis dessinez votre storyboard2 (plan3, cadrage, mouvement, mise au point, lumière, etc.).
  7. Réalisez un animatique4, en utilisant iMovie sur iPad, le montage sommaire des images dessinées du storyboard sur la bande-son de G Yared puis exportez la vidéo. Quel ressenti, quelles émotions véhicule votre séquence5 ? Est-ce toujours en lien avec la bande-son du compositeur ?
  8. Rédigez un cahier des charges pour encadrer votre projet : une liste des accessoires, costumes, etc., et une fiche précisant votre intention, la signification de votre travail et comportant les noms des membres de l’équipe (2 ou 3 élèves).

1 Un moodboard, littéralement traduit par “tableau d’humeur”, est une combinaison d’images qui, ensemble, définissent le style visuel d’un projet. Il intervient à l’ébauche d’une idée et aide à définir le ton général. Le moodboard s’utilise lors d’une présentation, au moment de définir l’identité visuelle du projet ou encore lors d’une recherche personnelle pour trouver de l’inspiration.
2 Un storyboard est un document sur papier ou fichier numérique, utilisé au cinéma avant le tournage afin de planifier les besoins de l’ensemble des plans qui constitueront le film, aussi bien au niveau technique (cadrages, mouvements de caméra, effets spéciaux) qu’au niveau artistique (décors construits, décors virtuels). Sa mise en page ressemble à celle d’une bande dessinée dont chaque vignette représente un plan, décrit parfois en plusieurs dessins. L’ordre proposé est celui du montage final.
3 Un plan est une prise de vue, comprise entre la mise en marche de l’enregistrement de la caméra et son arrêt. Pour simplifier, le plan est le jeu de scène filmé entre les deux mots magiques du tournage, « Action ! » et « Coupez ! »
4 En animation, l’animatique est l’étape qui vient après le storyboard. Le principe est l’élaboration d’une maquette visuelle permettant de vérifier notamment la correction du minutage et la pertinence des raccords.
5 Un ensemble de plans situés dans le même temps et dans le même lieu est une séquence. Une ou plusieurs séquences se rapportant à une même action, se déroulant en plusieurs lieux et en plusieurs temps, forment ce que l’on appelle une scène,
Source Wikipédia

Modèle de planche de storyboard

MashUp

1. Document composite, agrégation de plusieurs sources.
2. Œuvre qui mélange deux ou plusieurs genres a priori éloignés.

Le mashup est un mélange d’images et de sons numériques, un peu dans la tradition du sample. La matière première du mashup est l’information numérisée au sens large (vidéos, photos, musique et sons partagés et échangés sur les réseaux. C’est un art du recyclage, du remploi d’images empruntées et tournées par d’autres.
Intimement lié à la nature même d’Internet, à son histoire, ses usages, c’est un pilier du Web participatif.

Eyes of Hitchcock, Criterion Collection – Kogonada

Références possibles

Norman McLAREN, Dots, 1940, animation expérimentale : des taches de couleurs vives s’animent sur un fond rouge sur une bande sonore à base de percussions. L’effet visuel à la fois poétique et facétieux ressemble à des pois bleus qui se rejoignent, s’éloignent, explosent sur un fond rouge. L’effet sonore évoque un jeu vidéo des années 80.

Studio Walt DISNEY, Fantasia, 1940. Le troisième long-métrage d’animation des studios Disney est une expérimentation dont le but est d’illustrer ou d’accompagner avec l’animation des thèmes de la musique classique.

Bernard HERMANN, Psychose, 1960, film d’Alfred HITCHCOCK. Au regard du scénario de Psychose, Alfred Hitchcock pensait utiliser une bande sonore minimaliste. Surtout, le réalisateur ne voulait pas de musique pour la scène de la douche. Mais le compositeur Bernard Herrmann, qui avait travaillé sur les cinq films précédents d’Hitchcock, suivit sa propre inspiration et écrivit une partition pour un ensemble à cordes. Jamais auparavant une musique de film n’avait été composée seulement de cordes. Avec les sons stridents des violons et violoncelles, il réussit à rendre l’ambiance douloureuse et détraquée qui annonce les terribles meurtres du Bates Motel.

Richard STRAUSS, Ainsi parlait Zarathoustra, 1896, l’œuvre illustre le célèbre lever de soleil allégorique de l’aube de l’histoire de l’humanité et sur son alignement avec la terre et la lune du film 2001, l’Odyssée de l’espace (1968) de Stanley KUBRICK.

Ennio MORRICONE, L’Homme à l’harmonica – Il était une fois dans l’Ouest, 1968-1969 , film de Sergio LÉONE. L’accompagnement musical accentue les effets, de sorte que la théâtralisation de l’image et la musique très expressive font penser à un grand opéra baroque. La musique et l’image procèdent en effet l’une de l’autre, se nourrissent l’une de l’autre.

John BARRY, Theme From The Persuaders! (Amicalement Vôtre), 1971, John Barry a indiqué avoir été influencé par l’usage des synthétiseurs de François de Roubaix.

John WILLIAMS, Jaws Theme Song, (générique Les Dents de la mer), 1975 : quelques notes atonales de cordes progressent en crescendo. Le motif s’accélère de manière angoissante au fur et à mesure que le requin (vue subjective) se rapproche de la victime… 
https://youtu.be/dg-HlHMhthY

John WILLIAMS, Duel of the fates, 1999, thème musical de Star Wars écrit pour représenter le duel entre le Sith Dark Maul et le Maître Jedi Qui-Gon Jinn avec son Padawan Obi-Wan Kenobi dans la scène éponyme à la fin du film Star Wars: Ep 1 The Phantom Menace
https://youtu.be/Qp91xlsaKSo

Clint MANSELL, Lux Aeterna- Requiem for a Dream, 2000, film réalisé par Darren ARONOFSKY en 2000

Yann TIERSEN, Valse d’Amélie – Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, 2001, film de Jean-Pierre JEUNET
https://youtu.be/vD0h-Nb5qhs


(1) Récompenses de Gabriel YARED

  • 1993 : César de la meilleure musique pour L’Amant
  • 1997 : Oscar de la meilleure musique dramatique originale pour Le Patient anglais
  • 1997 : Golden Globe de la meilleure musique originale pour Le Patient anglais
  • 2006 : Prix du cinéma européen du meilleur compositeur aux Prix du cinéma européen pour La Vie des autres
  • 2008 : Prix France Musique / Sacem de la musique de film 2008 remis pendant le Festival de Cannes pour la musique du film d’Anthony Minghella Par effraction

Questionnement(s)

  • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
  • La matérialité de l’œuvre ; le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

  • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine



Ozu // Passageways – Kogonada