Things are queer

Les séries photographiques de Duane MICHALS racontent des histoires, ironiques et souvent féroces. Le photographe réalise de fait une narration séquentielle. Dans la série Things are Queer (Les choses sont bizarres) de 1973, chaque image vient faire mentir la précédente, dans une mise en abyme construite en neuf prises de vue où l’irrationnel surgit de l’apparente banalité de la scène.

En apparence, la photographie est banale. Une salle de bains, froide et anonyme, sans signe particulier. La première et la dernière image de la série Things are Queer  sont identiques. Le spectateur ne verra pourtant pas de la même manière l’ultime photographie après avoir regardé les sept intermédiaires. Il revient à l’image de départ, mais après une lecture qui brouille ses repères, en faisant basculer l’espace et ses objets, a priori familiers, dans une autre dimension.

Things are Queer (Les choses sont bizarres, 1973

« Les photographes s’imaginent que la photo dit tout simplement ce qu’on voit, et que cette réalité c’est la vérité. Moi je n’y crois pas trop à ça, je pense que la réalité est plutôt faite de contradictions, et c’est quelque chose que j’aime bien montrer dans mes photos. J’aime bien contredire ce que vous croyez voir. Dans Les choses sont étranges chaque photo contredit la précédente. »
_ Duane MICHALS, Contacts. 2 – Le renouveau de la photographie contemporaine, 1993 reportage vidéo de 12 min 50

Proposez sous la forme d’une série de photographies une histoire où la première et la dernière image seront identiques.

#narration, #boucle, #imbrication, #sans fin

Mise en abyme

La mise en abyme est un procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre similaire, par exemple dans les phénomènes de « film dans un film », ou encore en incrustant dans une image cette image elle-même. Ce principe se retrouve dans le phénomène ou le concept d’« autosimilarité », comme dans le principe des figures géométriques fractales ou du principe mathématique de la récursivité. Source Wikipédia

Références artistiques possibles

  • Jan VAN EYCK, Les époux Arnolfini, 1434, huile sur bois, 82 x 60 cm, National Gallery, Londres.
  • Édouard MANET (1832-1883), Un bar aux Folies-Bergère, 1882, huile sur toile, 96 x 130 cm, Courtauld Gallery, Londres.
  • MAGRITTE René (1898-1967), Éloge de la dialectique, 1937, huile sur toile, 65 x 54 cm, Musée d’Ixelles
  • Storm THOGERSON , photographie de la pochette de l’album, Ummagumma, Pink Floyd, photographie couleur, 1969.
  • Michael SNOW, Autorisation, 1969, épreuves argentiques instantanées (Polaroïd 55) et ruban adhésif sur miroir dans un cadre de métal, 54,5 x 44,5 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
  • Pauline GREEFHORST, Sarah, vers 2009, portrait photographique en noir et blanc.
  • Gilbert GARCIN, The danger of images, 2009, photographie.
  • Marc-Antoine MATHIEU, 3″, une bande-dessinée qui se déroule en 3 secondes, un zoom, une mise en abyme infinie, 2011, Éd. Delcourt.

Questionnement(s) :

  • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.

Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

  • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
  • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
  • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
  • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

  • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

  • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
  • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

  • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


Duane MICHALS, Alice’s Mirror (Le Miroir d’Alice), 1974, séquence de 7 photographies